LE CHOIX est le troisième roman de la trilogie de Stéphanie Zeitoun. Après “Le jour où j’ai appris à danser sous la pluie” sur le thème du deuil, “L’homme qui
avait peur de rêver” sur la réalisation de ses rêves”, le Docteur Milko donne au lecteur des clés pour apprendre à écouter son cœur plutôt que ses peurs…

LE CHOIX
L’art d’écouter son coeur

Floriane Baldi, 43 ans et journaliste chez Beauty Mag, a quitté l’homme qu’elle aime. Incapable d’accepter l’amour qu’on lui porte, elle choisit la fuite et la solitude, quitte à s’aider de quelques médicaments. Alors qu’elle tente d’oublier sa peine en s’adonnant au surf, sa planche la percute en pleine tête et lui fait oublier toute sa vie passée. À l’hôpital, un deuxième verdict tombe : elle est enceinte.

La quête du père de cet enfant débute alors et pourrait s’avérer plus complexe que prévu… De son côté, Vincent Dubreuil, éminent professeur en esthétique, est tiraillé entre le fait de soutenir sa femme cancéreuse qu’il n’aime plus, et tenter de rattraper la maîtresse qui fait battre son cœur, mais qui l’a quitté, lassée d’attendre le divorce.

Entre humour, quête éperdue et dépassement de soi, aidés par un entourage plus ou moins bienveillant et un psychologue très alerte, Floriane et Vincent devront rétablir un équilibre de vie et faire face à de nombreux choix, dont l’un des plus importants : avec qui poursuivront-ils leur vie ?

Un suspens captivant sur fond de travail sur soi

Dans ce livre, l’auteur manie habilement le suspens pour tenir le lecteur en haleine et lui donner des clés pour faire les bons choix.
Résolument optimiste, Le Choix offre une perspective de renouveau à tout âge en alliant scènes de vie et techniques de développement personnel. Les personnages, en prenant leur destin en main malgré leurs croyances limitantes et leurs contradictions, nous transmettent force et espoir à chaque page.

LE CHOIX : Extraits inédits 

De retour dans la chambre d’hôtel, Floriane relit ses notes prises lors du congrès annuel de médecine esthétique à Marseille, rendez-vous incontournable des journalistes beauté de la presse féminine. Le confort est sommaire, peu importe. Le budget de la rédaction à la baisse lui offre cette escapade fort appréciable en ce début avril.

Malgré la fatigue de la journée et le tsunami émotionnel qu’elle traverse, elle noircit les pages de son dossier spécial « Nouveautés : jeune et belle à tout âge », histoire de ne pas penser à ce qui s’est passé. Sa vie personnelle ne doit pas interférer sur son travail, même si elle y est liée…
Elle se concentre sur la transcription de la conférence de Vincent Dubreuil concernant les avancées de la médecine esthétique naturelle et non invasive, faisant fi de ses sentiments personnels.

Elle interviewera plus tard le Docteur Milko, un généraliste dont l’approche holistique a attisé la curiosité du public. Il travaille de concert avec l’éminent Professeur pour évaluer l’incidence psychologique d’une intervention et connaître la motivation inconsciente des patientes à subir une transformation. Intriguée par le discours atypique du thérapeute, elle souhaite le revoir pour apporter un angle original à son article.

Par chance, il exerce à Paris, à quelques stations de son domicile. Elle enregistre son document sous « Dossier Rajeunir – draft » sur le serveur dédié et appelle le cabinet. Le rendez-vous est pris 15 jours plus tard, espérant négocier un délai pour le rendu de son sujet.
19h – La sonnerie de son portable la fait sursauter. Le numéro de Nicolas, journaliste mode du magazine, s’affiche sur l’écran.

Le trentenaire est son meilleur ami sans pour autant être son confident. Lui par contre ne manque jamais de lui raconter ses aventures d’une nuit avec un ou plusieurs partenaires. Totalement décomplexé, il assume son homosexualité avec une décontraction étonnante. La fidélité, un concept obsolète !

Il profite de chaque rencontre en quête d’un plaisir immédiat qui ne s’encombre pas de sentiments d’appartenance. Elle hésite souvent à lui parler de ses déboires sentimentaux, il ne la jugerait pas. Sa culpabilité l’en dissuade, la faisant passer pour une célibataire coincée aux yeux du jeune apollon d’une beauté insolente.
– Salut Nico.
– Salut ma belle. Comment ça va à Marseille ?
– Très bien merci. Je retranscris mes interviews. Et toi quoi de neuf ?
– Yohan est passé à la rédaction pour monter ses vidéos de la fashion-week. Et dire que tu l’as largué ! Si tu n’étais pas son ex, je le draguerais !
– Aucune chance, il est hétéro !
– Et encore très amoureux de toi !
– Ca fait trois ans et demi ! Il serait temps qu’il abdique !
– C’est dommage, vous formiez un joli couple. Je n’ai jamais compris pourquoi tu l’avais quitté.
– Je ne l’aimais pas.
– Ma chérie vu le désert affectif que tu traverses, tu devrais songer à le garder comme “sex friend” !
– J’ai déjà mes amants réguliers.
– Pff ! Je n’en crois pas un seul mot.
– Tu m’appelais pourquoi ?
Mal à l’aise avec ses propres mensonges, Floriane change de sujet.
– Je suis au bureau, j’attends des photos pour terminer un article.
– Peux-tu me passer Béatrice ?
– Le dragon est de très mauvaise humeur ! Je te transfère. Bisous ma chérie ».

La rédactrice en chef du magazine décroche avec un « J’ai deux minutes à t’accorder » peu engageant. La reporter lui parle des « Facebook live » qu’elle a réalisés tout au long du congrès espérant un compliment, en vain. Ses interventions sur la page du « Beauty magazine » sont suivies par de nombreux fans.

Son physique contribue à accroître la notoriété du journal. Élue « plus jolie journaliste beauté 2018 » par les internautes, elle n’a pas pour autant la confiance en elle nécessaire pour forcer le respect de celui qu’elle aime en secret. Nul ne peut imaginer que la grande blonde élancée aux yeux bleus cache derrière son sourire une douce mélancolie faite d’espoirs et de rares moments de joie… Elle raccroche et repense aux paroles de Nicolas sur Yohan. Certes, cet homme est le partenaire parfait… sur le papier. Gentil, attentionné, généreux, amoureux… mais pas pour elle ! A croire que savoir recevoir est un art dont elle ne maîtrise pas les codes.

Épuisée, elle ferme son ordinateur pour se prélasser dans un bain. La pression relâchant, elle sent une larme couler sur son visage. Qu’il est difficile d’assumer d’avoir quitté un homme qu’on aime ! Elle voudrait tellement qu’il soit aussi simple de l’effacer de sa mémoire que des appareils High Tech. Le manque commence à la paniquer. Et si elle ne parvenait pas à l’oublier ?

Et s’il valait mieux souffrir avec lui que sans lui ? Elle plonge la tête sous l’eau puis reste immobile dans le liquide mousseux, jusqu’à ce que la température l’incite à en sortir. Elle enfile un peignoir et s’allonge sur son lit avant d’attraper son ordinateur. Elle fait un zoom sur les horaires de train pour rentrer à Paris le lendemain matin.

Tant pis pour le dîner de gala ! En plus, elle a des nausées sans doute liées à la contrariété. Ce serait dommage d’aller à cette soirée sans pouvoir profiter du buffet. Elle saisit l’invitation pour prévenir qu’elle n’assistera pas au gala, puis se ravise. C’est toujours un évènement important sur le plan relationnel, elle pourrait même y revoir le docteur Milko. Que faire ? Elle hésite. Que lui dicte son cœur ? Lorsqu’elle peine à faire un choix, elle s’en remet au « hasard ».

Elle appelle François, un marseillais de 33 ans avec lequel elle a l’habitude d’aller surfer. Ils se sont rencontrés cinq ans auparavant lors d’une compétition de sports aquatiques et sont restés en contact pour partager de bons moments. Il aurait voulu plus qu’une nuit accidentelle avec elle dont elle n’a gardé aucun souvenir !

Il l’avait hébergé après une soirée bien arrosée et l’alcool aidant, ils avaient couché ensemble. Au réveil, Floriane avait tout oublié. Il s’est toujours demandé si elle avait fait exprès de n’en garder aucun souvenir, évitant d’avoir à se justifier… C’était il y a un mois. Ils n’ont plus jamais évoqué le sujet, préférant préserver leur amitié.

S’il est disponible le lendemain, elle restera, le cas échéant, elle ira à la gare à la première heure. C’est un peu comme jouer à pile ou face, elle aime laisser les événements décider à sa place. A l’autre bout du fil, François ne masque pas sa joie. Heureux de la savoir de retour dans la cité phocéenne, son ami lui propose de la retrouver au Cap Saint Louis à 10h. Il était donc écrit qu’elle ne devait pas partir…

Après avoir regardé la télévision durant 2 heures sans vraiment prêter attention aux images, elle éteint la lumière. Incapable de fermer les yeux, elle avale un demi Lexomil le ventre vide, l’estomac bien trop noué pour quoique ce soit d’autre. Demain, elle portera le masque de circonstance pour assister au dîner de gala de fermeture du congrès, reléguant le poids des remords et de la culpabilité au rang de sa vie privée. Si seulement elle pouvait se réveiller amnésique, se dit-elle, avant de sombrer dans un sommeil artificiel…

Extrait 2

Le vent souffle particulièrement fort ce matin-là. Une bourrasque fait claquer le volet de la chambre 38. Floriane ouvre les yeux et allume son portable. 8 heures. Il est trop tard pour se rendormir. Elle se lève, la bouche desséchée par le Lexomil. Elle prend un grand verre d’eau et appelle le room service pour commander un petit déjeuner continental, puis file sous la douche.

Le serveur frappe à la porte dix minutes plus tard. Elle a juste le temps d’enfiler un maillot de bain avant de récupérer le plateau garni d’un café, de deux tranches de pain grillé avec du beurre, de la confiture et d’un jus d’orange. Elle s’assied face à la mer qu’elle devine au loin et croque dans une tartine sans envie. Un peu patraque, elle avale un comprimé anti-nauséeux, histoire de digérer ce qu’il s’est passé.

Il lui reste une heure à tuer avant de retrouver François. Peu motivée à l’idée de travailler, elle choisit de se rendre à pieds aux Lecques. Marcher est sa manière de méditer lorsqu’elle a la tête trop chargée de mauvaises pensées… Après 30 minutes de déambulation, elle aperçoit son ami parmi un groupe de jeunes, tous aussi beaux les uns que les autres.

Le trentenaire a le look du parfait surfeur : blond aux yeux bleus, la peau mate, sportif. Il lui donne un hug chaleureux de bienvenu avant de l’emmener vers les planches alignées sur le sable :

«  Tu as une petite mine ma Flo.
Le congrès m’a épuisée.
Tu ne préfèrerais pas aller prendre un verre ? Les vagues sont dangereuses pour un amateur !
J’ai besoin de me défouler. On y va !
Tu es sûre ?
Certaine ! »

Sa phrase à peine terminée, François se lance sur l’eau. Floriane frissonne en posant un pied sur le sable mouillé. Les regards des surfeurs l’incitent à avancer. Elle prend une grande inspiration et savoure la sensation que lui procure l’eau fraîche sur sa peau. Allongée sur sa planche, elle rame pour s’éloigner du bord afin de prendre les meilleures vagues.

Après quelques minutes d’effort, elle se hisse sur le surf. Envahie par un profond sentiment de légèreté, elle vit la magie de l’instant présent, comme si son esprit était déconnecté de la réalité. Envolés les soucis. Elle glisse sur les vagues avec une sensation grisante d’invincibilité quand soudain, une crampe lui fait perdre l’équilibre.

Elle tombe vers l’arrière, faisant basculer le surf qui lui percute la tête. Assommée, elle perd connaissance et s’enfonce sous le ressac de la mer agitée. L’eau envahit ses poumons tandis que sa planche termine sa course sur le sable. Intrigués par la présence de la quadragénaire sur ce spot d’habitués, les amis de François n’ont rien manqué de la scène.

Trois d’entre eux se précipitent dans l’eau pour la récupérer aussi vite que possible. Patrick parvient à la hisser sur le sable pour lui prodiguer les premiers gestes de secours. Floriane ne réagit pas ! Et tandis que la sonnerie du SAMU prévenu par l’un des plagistes se fait entendre, la journaliste sombre dans un autre monde. Les dés de la destinée nous font parfois faire des choix que l’on regrette, bien qu’on les ait provoqués…
Affolé, François supplie son ami de la sortir de là.

Patrick lui fait un massage cardiaque en attendant l’arrivée du médecin qui prend le relai. Après 8 minutes de pressions sur sa poitrine, Floriane reprend connaissance. Elle est immédiatement transférée aux urgences de l’hôpital de la Timone où le Docteur Cohen la prend en charge. Dans le hall d’entrée, François la laisse s’éloigner avec un sentiment d’impuissance qui le met hors de lui. Il aimerait prévenir sa famille mais il ignore tout de sa vie privée.

De nature discrète, elle ne s’est jamais livrée. C’est une amitié en pointillés parsemée de bons moments. Il aurait aimé que la nuit passée avec elle ouvre la porte sur une histoire d’amour mais la réciprocité est loin d’être gagnée. Parfois, il espère qu’elle finira par craquer. Une femme de 13 ans son aînée qui lui résiste est un challenge excitant, tant il est rare pour un beau gosse de sa prestance…

Il attend le retour de l’urgentiste pour en savoir plus. Si seulement il avait été plus prudent ! Il aurait dû la dissuader de surfer avec ce vent trop puissant pour une amatrice… Assis sur la chaise en plastique, il se prend la tête entre les mains en proie à une culpabilité qui lui fait mal au ventre, lorsqu’une infirmière s’adresse à lui :

Bonjour Monsieur, vous êtes la personne qui a accompagné la noyée ?
Oui.
Venez avec moi.
Il se lève et la suit dans un bureau.
Asseyez-vous, le docteur Cohen arrive. »
Le jeune surfeur patiente nerveusement. Soudain, une sonnerie de téléphone qu’il ne connaît pas le sort de sa torpeur. Le bruit émane du sac de Floriane qu’il tient machinalement. Il plonge la main à l’intérieur au moment où la porte s’ouvre. L’urgentiste s’enquiert de son lien de parenté avec sa patiente :
Êtes-vous son mari ?
Non ! Je suis… un ami. Elle va bien ?
Pouvez-vous prévenir un membre de sa famille ?
Elle a repris ses esprits ?
Elle est en observation. Ce serait bien que nous puissions contacter l’un de ses proches.

François hausse le ton, agacé de ne pas avoir de réponse sur son état de santé. L’homme en blouse de 1m70 environ lui semble très antipathique. Il lui explique qu’elle est consciente sans pour autant être en mesure de décliner son identité ou de donner la date du jour. Une amnésie qui il l’espère sera temporaire suite au choc.

Le surfer lui donne le prénom et le nom de la journaliste, ainsi que le magazine pour lequel elle travaille puis insiste pour la voir ; cela pourra peut-être lui raviver la mémoire… Le docteur Cohen acquiesce et l’emmène jusqu’à la chambre, tout en se demandant si ce jeune homme n’est pas plus proche d’elle qu’il ne le prétend. Allongée sur le lit, Floriane est endormie.

Rentrez chez vous et essayez de joindre sa famille. C’est important que je puisse parler à ses proches. Je vous laisse ma carte, appelez-moi dès que vous avez du nouveau. Elle va surement dormir jusqu’à demain avec ce que nous lui avons administré. Revenez à partir de 14h. »
Dépité, François n’a d’autre choix que de s’en aller. Il commande un UBER avant de répondre aux sms de ses amis inquiets. Assis à l’arrière de la berline, il repense soudain au portable de Floriane.

Il vide le sac en lin contenant une brosse à cheveux, une serviette de bain et son Iphone… verrouillé ! Un bien maigre butin pour enquêter sur la famille de la « victime ». Il attendra un nouvel appel, espérant que son interlocuteur sera de la famille. Puis, il consulte la page Facebook de son amie ainsi que celle du journal.

Il trouve le numéro de téléphone de la rédaction au moment où la voiture le dépose en bas de son immeuble. Il monte les marches 4 à 4 et entre dans son studio de célibataire jonché de vêtements sales. Il se jette sur le canapé et appelle le 01 indiqué. La standardiste décroche.

Groupe Presma, bonjour.
Bonjour, pourrai-je parler à… une personne qui travaille avec Floriane Baldi ?
Il me faudrait un nom Monsieur.
Je n’en sais rien, une collègue.
Je ne connais pas cette dame, nous sommes plus d’une centaine ici. Pour quel magazine ?
Aucune idée. Ah si attendez.
François retrouve la page Facebook du journal.
Beauty Magazine.
Ne quittez pas.
La standardiste le transfère vers une boîte vocale. Agacé, il raccroche et rappelle en demandant à parler à la rédactrice en chef du journal.
C’est à quel sujet ?
L’une de ses employées a eu un accident. C’est urgent !
Je vous passe son secrétariat. »

François explique que Floriane est hospitalisée et qu’il a besoin de joindre un membre de sa famille. La secrétaire lui passe « le dragon » qui se contente de lui donner le numéro de la DRH, sans chercher à connaître la gravité de la situation. Elle se targue juste d’un « dites-lui de me joindre au plus vite » auquel le jeune homme ne répond pas, choqué par tant d’indifférence.

Il raccroche et compose le numéro indiqué, poursuivant son marathon téléphonique avec des salariés qui le transfèrent de poste en poste. Alors qu’il patiente à nouveau, la sonnerie du portable de Floriane retentit, affichant « maman » sur l’écran. Il raccroche et s’empresse de répondre :

Allo.
Excusez-moi j’ai dû faire une erreur. »
Ça coupe. La voix masculine a dû surprendre « maman ». Il croise les doigts pour qu’elle rappelle. Bingo ! Sans lui laisser le temps de parler, il précise immédiatement qu’il est un ami de Floriane. A l’autre bout du fil, Madame Baldi apprend que sa fille vient d’avoir un accident de surf et qu’elle souffre d’amnésie. Après un « Oh mon Dieu » de désarroi, elle écoute attentivement afin de venir au plus vite au chevet de son enfant…

Extrait 3

A peine rentré de Marseille, le Docteur Milko enchaîne les consultations. Son intervention au Palais des Congrès a plus de répercussions qu’il ne l’aurait pensé. Entre les demandes d’interviews et les patients, son agenda ne désemplit pas. Il se réjouit de recevoir le Professeur Dubreuil sans qui tout cela n’aurait pas eu lieu. Le ponte de la médecine esthétique est venu le consulter trois ans auparavant suite au décès de son fils et au cancer de sa femme survenu six mois plus tard.

Une succession d’épreuves qu’il n’aurait pu surmonter sans l’aide du “thérapeute de l’âme”… Ce généraliste est un psy des temps modernes, adepte des thérapies brèves. Il s’adapte à chacun pour prodiguer les traitements les mieux adaptés, du médicament « classique » à l’hypnose, en passant par l’EFT (une technique de libération émotionnelle) et autres médecines alternatives.

Plutôt hermétique à ce genre de « traitement », l’éminent spécialiste en chirurgie esthétique s’est ouvert petit à petit, après être passé par un burnout dont nul ne l’avait guéri. Le Docteur Milko lui a permis de s’en sortir, créant une complicité naturelle entre confrères. Le chirurgien n’hésite pas à lui envoyer ses patientes avant de les opérer s’il détecte un mal-être psychologique à soigner.

C’est ainsi que lui est venue l’idée de le faire intervenir durant le congrès. Cette amitié respectueuse n’empêche pas le professeur de se confier au thérapeute dans le cadre de son cabinet, notamment sur les aléas de sa vie privée… C’est pour cela qu’il a pris rendez-vous aujourd’hui.

Le docteur Milko se dirige vers la salle d’attente. Après une accolade chaleureuse, ils entrent dans le bureau à la décoration zen par excellence : fontaines, buddhas, plantes vertes, odeur d’huile essentielle citronnée créent une atmosphère propice à la détente… Après quelques mots sur les retombées de l’événement marseillais, ils entrent dans le vif du sujet. Le vouvoiement est de circonstance, leur permettant de garder une respectueuse distance médecin – patient :

Alors Vincent, avez-vous fait les séances d’EFT pour évacuer la culpabilité ?
Oui. Enfin, non. Je n’ai pas eu vraiment le temps.
Il est important que vous fassiez votre part du travail.
Je sais. Peut-être que je ne crois pas vraiment à l’efficacité de cette méthode.
C’est étrange, je le conçois. Néanmoins, le verbe est libérateur et le cerveau enregistre de nouvelles croyances en 21 jours, cela a été prouvé. Voulez-vous que nous refassions une ronde ensemble ?
D’accord.
Répétez après moi en tapotant sur votre thymus : « Même si je culpabilise de ne pas avoir le courage de quitter Sarah, je m’aime et je me pardonne ».
« Même si je ne parviens pas à faire un choix, je m’aime et je me pardonne »
Le professeur obtempère, sans trop de conviction.
Essayez de vous concentrer sur les émotions que provoquent ces mots Vincent. Je vous sens ailleurs.
Je crois qu’il est trop tard. La femme que j’aime l’a fait pour moi.
Quoi donc ?
Le choix. Je n’ai plus aucune nouvelle d’elle depuis plus d’une semaine.
Cela vous surprend ?
Je ne pensais pas qu’elle aurait le cran de tout arrêter.
Cela fait trois ans que vous la faites espérer. C’est long ne trouvez-vous pas ?

Le professeur reste silencieux. Il entortille machinalement un doigt dans ses cheveux, reprenant un tic d’enfance témoignant de sa fragilité émotionnelle. Il repense à l’accident de voiture qui lui a enlevé son fils, à sa femme tombée malade et à sa liaison qui lui a apporté le souffle dont il avait besoin pour survivre, sans pour autant avoir le courage de tout plaquer.

Les séances avec le Docteur Milko tournent principalement autour de ce choix entre deux femmes. Il s’était pourtant fait la promesse de ne jamais parler d’elle, exigeant le même silence de la part de sa maîtresse. Le secret était néanmoins trop lourd à porter. Il n’a bien sûr jamais révélé l’identité de la jeune femme au thérapeute, par discrétion et peut-être de peur qu’il ne la connaisse…

Le monde médical est un petit milieu. Le Docteur Milko l’observe, il ressent son mal-être. Il ferme les yeux pour se concentrer afin de lui apporter la meilleure aide qui soit. Après quelques profondes inspirations pour se connecter à son intuition, il rompt le silence. Le mot « pragmatique » résonne dans son esprit.

Nous allons faire un état des lieux de la situation. Votre relation adultérine est terminée et vous êtes encore marié à une femme que vous n’aimez pas, c’est bien cela ?
En résumé, oui.
Seriez-vous prêt à divorcer pour tenter de récupérer, rappelez-moi son prénom ?
Il hésite quelques secondes avant de répondre :
« Diane ». Je n’en sais rien. Je n’ai aucune garantie de la convaincre de revenir.
Avec ou sans elle, pourquoi restez-vous avec Sarah ?

Le thérapeute le pousse dans ses retranchements afin de faire remonter ses émotions : lâcheté, culpabilité, regret, tristesse, colère… Vincent est submergé par une vague de sentiments désagréables qui lui donnent envie de fuir. Le Docteur Milko l’invite à fermer les yeux et à exprimer ce qu’il ressent dans son corps.

Vincent Dubreuil évoque une douleur dans le ventre, une oppression de la poitrine, il a du mal à respirer… Sentant les larmes lui monter aux yeux, il prétexte un rendez-vous pour mettre fin à la séance. Le Docteur Milko n’insiste pas. Voir les yeux mouillés de son patient est déjà une immense avancée.

En trois ans, Vincent n’a jamais laissé paraître sa faiblesse. Accepter de se laisser submerger est une étape capitale. Cette méthode appelée TIPI consiste à ressentir et à accueillir ses émotions, sans jugement, sans résistance pour s’en libérer comme par magie. Cela devrait l’aider à sortir des conditionnements l’empêchant d’écouter son cœur…

Avant de le raccompagner, le médecin de l’âme lui suggère de faire l’exercice des pertes / bénéfices en rentrant chez lui : il devra lister sur un tableau à deux colonnes les avantages et inconvénients qu’il trouve dans chaque situation (en restant avec Sarah, en la quittant, en retrouvant sa maîtresse, en restant seul…).

Un travail pragmatique qui devrait satisfaire le cerveau gauche du scientifique… Ils en parleront lors du prochain rendez-vous. Visiblement secoué, le professeur quitte le cabinet en omettant de régler. Un acte manqué qui témoigne de son désir inconscient de revenir…

Pour en savoir plus sur Stéphanie Zeitoun et ses ouvrages

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Le jour où j'ai dansé sous la pluie écrit par Stéphanie Zeitoun
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Stéphanie Zeitoun est écrivain et journaliste spécialisée dans le bien-être et les techniques de développement personnel. Après avoir travaillé plusieurs années comme salariée dans diverses entreprises, elle a fini par réaliser son rêve, à savoir vivre de sa plume en toute liberté.

Côté livres, la dimension spirituelle des contes philosophiques a nourri son inspiration et la lecture a joué un rôle thérapeutique dans sa vie. Dans son premier roman « Le bruissement de l’aile du papillon », elle partage le pouvoir des mots pour faire de l’imaginaire un outil de réconciliation avec la vie. C’est une conteuse qui a pour ambition de faire rêver les lecteurs sensibles à sa plume.

Ses guides pratiques ont aussi pour vocation de soigner le corps et l’esprit. Passionnée de gastronomie, elle adore écrire des livres de recettes, fidèles à sa devise : « la santé est dans l’assiette » !

En 2017, elle crée « Prête-moi ta Plume » : consultante, agent littéraire, rewriter et directrice d’ouvrages dans différentes maisons d’édition, elle accompagne des auteurs dans la publication de leur création et rédige toute sorte de document pour ses clients…

Sa formation de scénariste lui permet aussi de composer des séries télé et autres projets créatifs pour le monde audiovisuel et cinématographique. Elle a travaillé pour la société de production Gedeon, dans le cadre d’une jolie série documentaire sur le patrimoine français, diffusée sur ARTE en 2013.

Côté presse, elle alimente les rubriques « santé », « forme » et « beauté » de plusieurs magazines et a créé son site dédié au bien-être en septembre 2008. Cela lui permet d’entretenir un lien direct avec ses fidèles internautes, avides de trucs et astuces pour se sentir en harmonie.

Côté communication, elle crée son site « COM’ à la carte » pour proposer aux Chefs et à tous ceux dont l’activité la séduit un service personnalisé afin de mettre en Lumière leur savoir-faire (rédactionnel : portraits, dossiers de presse). Elle nourrit sa passion avec son arme favorite : la plume…

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Sophie Vitali reçoit Stéphanie Zeitoun auteure du livre : Le jour où j'ai appris à danser pour une nouvelle émission sur le thème de la résilience.