Shining en trente secondes. Le roman de Stephen King naît d’une nuit réelle. C’était le 30 octobre 1974, dans la chambre 217 du Stanley Hotel, au Colorado. Ce palace de 1909 passe pour l’un des hôtels les plus hantés des États-Unis. Pourtant, le film de Stanley Kubrick n’y a jamais été tourné.
Dans cet article, Sophie Vitali, médium et experte du paranormal, retrace d’abord la nuit de King. Ensuite, elle raconte l’hôtel et ses fantômes, puis les vrais lieux du tournage. Enfin, elle dévoile la guerre entre King et Kubrick, les secrets du plateau et la suite, Doctor Sleep.
☰Sommaire de l’article12 sections, environ 12 minutes de lecture▼
- 01Shining est-il tiré d’une histoire vraie ? La réponse en bref
- 02La nuit du 30 octobre 1974 : Stephen King dans la chambre 217
- 03Le Stanley Hotel : le palace de Freelan Oscar Stanley dans les Rocheuses
- 04Le Stanley Hotel est-il hanté ? Les fantômes, chambre par chambre
- 05Où a été tourné Shining ? Pas au Stanley Hotel
- 06Stephen King contre Kubrick : le roman, le film et la mini-série
- 07Les secrets du tournage : Shelley Duvall, Danny Lloyd et Jack Nicholson
- 08Pourquoi certains lieux restent chargés : mon regard de médium sur le Stanley Hotel
- 09Visiter le Stanley Hotel : chambres hantées, visites de nuit et labyrinthe
- 10Les autres films d’horreur tirés d’histoires vraies
- 11En bref : ce qu’il faut retenir de Shining et du Stanley Hotel
- 12FAQ : vos questions sur Shining et le Stanley Hotel
Shining est-il tiré d’une histoire vraie ? La réponse en bref
Non, Shining n’est pas une histoire vraie au sens strict. Aucun gardien d’hôtel n’a tenté de tuer sa famille dans les Rocheuses. En revanche, le roman naît d’une nuit bien réelle. Le 30 octobre 1974, Stephen King dort dans la chambre 217 du Stanley Hotel, au Colorado. Cette nuit-là, un cauchemar lui donne toute l’histoire.
Je suis Sophie Vitali, médium et experte du paranormal et ce film me fascine depuis toujours. Et pour cause : le lieu qui l’a inspiré figure parmi les hôtels les plus hantés des États-Unis.
Mon film culte, tout simplement
Je vous le dis sans détour : Shining est mon film culte. Je l’ai adoré dès la première vision, et je l’adore encore. Pour moi, ce film est intemporel. Stanley Kubrick y signe une œuvre d’art, hypnotique et dérangeante.
Jack Nicholson est tout simplement incroyable : inquiétant, troublant, fascinant. Et le petit Danny Lloyd impressionne tout autant. En tant que médium, je ressens encore la charge de certaines scènes. Alors, installez-vous, prenez votre pop-corn : voici la véritable histoire de Shining.
Ce que vous allez découvrir
D’abord, la nuit de Stephen King au Stanley Hotel. Ensuite, l’histoire de l’hôtel et de ses fantômes, chambre par chambre.
Puis les vrais lieux du tournage, la guerre entre King et Kubrick, et les secrets du plateau. Enfin, mon regard de médium sur ces lieux chargés, et ce qu’il faut savoir pour y dormir.
La nuit du 30 octobre 1974 : Stephen King dans la chambre 217
Un hôtel vide, la veille de la fermeture
En 1974, Stephen King vit à Boulder, dans le Colorado. Il a déjà publié Carrie. Un soir d’automne, il part avec sa femme Tabitha vers Estes Park. Ils arrivent au Stanley Hotel le 30 octobre, la veille de la fermeture pour l’hiver.
Le couple est seul. En effet, les couloirs sont déserts et la salle à manger presque vide. Les chaises sont déjà retournées sur les tables. Seul un orchestre joue encore, pour eux deux. King racontera plus tard que l’endroit lui a paru parfait pour une histoire de fantômes.
Le cauchemar du tuyau d’incendie
Cette nuit-là, dans la chambre 217, King fait un rêve terrifiant. Son fils de trois ans court dans les couloirs. Derrière lui, un tuyau d’incendie se déroule et le poursuit comme un serpent. L’enfant hurle.
King se réveille en sueur. Il allume une cigarette, s’assoit près de la fenêtre et regarde les montagnes. Puis, avant la fin de sa cigarette, il tient la trame complète du livre. Le tuyau d’incendie vivant apparaît d’ailleurs dans le roman.
Du rêve au roman de 1977
Le roman paraît en janvier 1977 aux États-Unis. En France, il sort sous le titre Shining, l’enfant lumière. L’Overlook remplace le Stanley, mais tout y est : l’hôtel isolé, la fermeture d’hiver, et la chambre maudite.
Ainsi, une nuit d’octobre devient l’un des plus grands romans d’horreur du siècle. D’ailleurs, King exploite ici le même filon que dans Carrie. Dans les deux cas, un enfant possède un pouvoir que les adultes ne comprennent pas.
Le Stanley Hotel : le palace de Freelan Oscar Stanley dans les Rocheuses
Un inventeur venu chercher l’air des montagnes
Freelan Oscar Stanley est un inventeur de la côte Est. Avec son frère jumeau Francis, il a créé la Stanley Steamer, une automobile à vapeur. En 1903, il tombe gravement malade de la tuberculose. Alors, les médecins lui conseillent l’air sec des montagnes.
Il part donc pour Estes Park, au pied des Rocheuses. Contre toute attente, sa santé revient. Reconnaissant, il décide d’y bâtir un hôtel digne des grandes villes.
Un hôtel de luxe ouvert en 1909
Six ans plus tard, en 1909, le Stanley Hotel ouvre ses portes. Pour l’époque, il est à la pointe : électricité, téléphone et eau courante dans un village de montagne. Par ailleurs, sa façade blanche domine la vallée, face aux sommets enneigés.
Bien sûr, la clientèle est fortunée. On y vient pour l’air pur, la musique et les soirées. Flora, l’épouse de Freelan, joue souvent du piano dans le salon de musique. Retenez ce détail : il compte beaucoup pour la suite.
Le Stanley Hotel est-il hanté ? Les fantômes, chambre par chambre
Une réputation qui précède le roman
Oui, le Stanley Hotel a la réputation d’être hanté, et elle ne date pas de Shining. Bien avant 1974, le personnel parlait déjà de bruits de pas. Il évoquait aussi des portes qui claquent et des lumières qui s’allument seules.
Ensuite, le succès du roman puis du film a tout amplifié. Aujourd’hui, l’hôtel organise des visites guidées de nuit et accueille des équipes d’enquêteurs du paranormal. Voici les présences les plus souvent décrites, pièce par pièce.
Elizabeth Wilson, la femme de chambre
Le 25 juin 1911, une lampe au gaz explose dans la 217. La femme de chambre Elizabeth Wilson est projetée à travers le plancher. Elle survit. Pourtant, des clients disent aujourd’hui la voir plier leurs vêtements ou ranger leurs valises.
Flora Stanley au piano
Des employés entendent le piano jouer seul, la nuit, dans le salon vide. Certains voient une silhouette de femme en robe d’époque assise devant le clavier.
Lord Dunraven
Avant l’hôtel, ces terres appartenaient à un comte irlandais, Lord Dunraven. On lui attribue une présence dans la 407 : lumière qui s’allume seule, odeur de cigare, silhouette à la fenêtre.
Les rires d’enfants
Les femmes de ménage y entendent des enfants jouer dans le couloir. Des clients trouvent des traces de petites mains sur les vitres, ou sentent quelqu’un tirer leur couverture.
Le cow-boy
Un homme en tenue de cow-boy apparaîtrait au pied du lit. Il est décrit comme calme, presque protecteur. Des clients entendent aussi des pas au-dessus d’eux, alors que la 428 est au dernier étage.
Lucy, la jeune fille
Les guides parlent d’une jeune fille surnommée Lucy, qui se serait réfugiée dans le sous-sol. Des enquêteurs disent avoir enregistré sa voix lors de séances.
Ce que j’en pense, en tant que médium
Je reste prudente. Un hôtel aussi célèbre attire les récits, et chaque récit en appelle d’autres. Toutefois, plusieurs témoignages se recoupent depuis des décennies, chez des employés qui n’ont rien à vendre. Ce sont ces récits-là qui me parlent.
Ensuite, les manifestations décrites au Stanley sont rarement hostiles. Un piano, des rires, une femme de chambre qui range : ce sont des empreintes du quotidien d’autrefois. En effet, un lieu très fréquenté et très aimé garde souvent la mémoire de ses habitants. J’explique ce phénomène dans mon guide du nettoyage énergétique d’un lieu.
Où a été tourné Shining ? Pas au Stanley Hotel
Un film tourné à 8 000 kilomètres du Colorado
C’est l’erreur la plus répandue : le film de Stanley Kubrick n’a pas été tourné au Stanley Hotel. Kubrick vivait en Angleterre et refusait de prendre l’avion. Il a donc fait construire l’Overlook en studio, près de Londres.
Ensuite, pour les extérieurs, il choisit un autre hôtel de montagne, dans l’Oregon. Quant à la décoration intérieure, elle s’inspire d’un troisième établissement, en Californie. L’Overlook du film est ainsi un hôtel imaginaire, assemblé à partir de trois lieux réels.
Le Stanley Hotel
Il inspire le roman en 1974. Kubrick ne l’utilise pas. En revanche, Stephen King y tourne sa propre mini-série en 1997.
Le Timberline Lodge
Ce chalet du mont Hood prête sa façade à l’Overlook dans le film de 1980. On ne le voit que de l’extérieur.
Les studios d’Elstree
Kubrick fait reconstruire tous les intérieurs en studio, près de Londres. Le hall, les couloirs, la salle de bal et le labyrinthe y sont bâtis.
L’Ahwahnee Hotel
Ce lodge du parc de Yosemite sert de modèle au grand salon de l’Overlook. On y retrouve ses poutres et ses motifs amérindiens.
Pourquoi la chambre 217 devient la 237
Dans le roman, la chambre maudite porte le numéro 217, comme celle du Stanley. Pourtant, dans le film, elle devient la 237. La raison est très terre à terre.
Le Timberline Lodge possédait une vraie chambre 217. La direction craignait que plus personne ne veuille y dormir. Kubrick a donc changé le numéro.
Par ailleurs, Kubrick remplace les animaux taillés dans les haies du roman par un labyrinthe. Ces animaux de buis s’animent dans le livre. Or, les effets spéciaux de l’époque ne permettaient pas de les rendre crédibles. Le labyrinthe est donc né d’une contrainte technique.
Stephen King contre Kubrick : le roman, le film et la mini-série
« Une Cadillac sans moteur »
Stephen King n’a jamais aimé le film de Kubrick. Il l’a même comparé à une belle Cadillac sans moteur : superbe à regarder, mais vide à l’intérieur. Pourquoi une telle colère ?
D’abord, King voulait raconter la chute d’un père aimant. Or, chez Kubrick, Jack Nicholson paraît fou dès le départ. Ensuite, King reproche au film d’avoir réduit Wendy à une femme qui crie.
Enfin, il regrette que Kubrick ait gommé le surnaturel, au profit d’un drame psychologique. Pour King, les fantômes de l’Overlook sont réels. Pour Kubrick, ils restent un doute.
Le roman de Stephen King
Jack Torrance est un homme bon, rongé par l’alcool, que l’hôtel détruit peu à peu. À la fin, la chaudière explose et l’Overlook brûle. Le surnaturel est au cœur du livre.
Le film de Stanley Kubrick
Jack Nicholson semble inquiétant dès la première scène. Le film reste ambigu : folie ou fantômes ? Jack meurt gelé dans le labyrinthe et l’hôtel reste debout.
La mini-série de Stephen King
King reprend la main et tourne au Stanley Hotel lui-même. Cette version en trois épisodes suit fidèlement le roman. Elle n’a jamais égalé le film.
Doctor Sleep, la suite qui réconcilie le livre et le film
En 2013, Stephen King publie Doctor Sleep. On y retrouve Danny Torrance adulte, alcoolique comme son père, qui met son don au service des mourants. En 2019, Mike Flanagan l’adapte au cinéma avec Ewan McGregor.
Ce film réussit un exploit : il plaît à la fois à King et aux fans de Kubrick. En effet, il reprend les décors du film de 1980, puis rend à l’Overlook la fin du roman.
Bonne nouvelle : Doctor Sleep arrive sur Netflix en octobre 2026. C’est le moment idéal pour revoir les deux films à la suite.
Les secrets du tournage : Shelley Duvall, Danny Lloyd et Jack Nicholson
Shelley Duvall, poussée à bout
Kubrick était connu pour multiplier les prises. Selon le Livre Guinness des records, la scène de la batte de baseball a été tournée 127 fois.
Shelley Duvall, qui joue Wendy, a décrit un tournage épuisant, physiquement et nerveusement. Elle a même perdu des cheveux pendant ces mois de tournage.
Pourtant, elle a reconnu plus tard que cette exigence avait donné sa force au film. Shelley Duvall est morte en juillet 2024, à 75 ans. Aujourd’hui encore, elle reste pour beaucoup le vrai cœur de Shining.
Danny Lloyd, l’enfant qui ignorait jouer dans un film d’horreur
Danny Lloyd avait cinq ans au début du tournage. Kubrick l’a protégé : l’enfant croyait tourner un drame familial. Ainsi, il n’a vu le film en entier que bien des années plus tard.
Aujourd’hui, Danny Lloyd enseigne la biologie dans le Kentucky. D’ailleurs, il fait une brève apparition dans Doctor Sleep, comme spectateur d’un match de baseball.
« Here’s Johnny ! » et la machine à écrire
La célèbre réplique de Jack Nicholson, passant la tête par la porte défoncée, est une improvisation. Elle imite l’annonce d’une émission de télévision américaine très populaire. Quant aux pages tapées par Jack, Kubrick les a fait traduire.
Ainsi, en version française, Wendy découvre des centaines de pages. Toutes répètent le même proverbe : « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ».
Revoyez la bande-annonce française de 1980. Elle montre déjà la vague de sang de l’ascenseur, devenue l’une des images les plus célèbres du cinéma d’horreur.
Pourquoi certains lieux restent chargés : mon regard de médium sur le Stanley Hotel
La mémoire des murs
Je l’observe sur le terrain depuis des années : un lieu garde la trace de ce qu’on y a vécu. Les émotions fortes, les drames, mais aussi les joies répétées. Or, un hôtel accueille des milliers de vies. Il n’est donc pas étonnant qu’il en conserve des échos.
Au Stanley, ces échos sont plutôt doux : une musique, des rires, une domestique qui travaille encore. Rien à voir avec l’horreur de l’Overlook. En revanche, des lieux comme la Demon House, The Cage ou le Queen Mary portent des charges bien plus lourdes.
Le « shining » existe-t-il vraiment ?
Le don de Danny porte un nom dans mon métier : la médiumnité. Voir des scènes passées, sentir une présence, capter les pensées d’un proche : ces capacités existent, à des degrés divers.
Souvent, elles apparaissent dès l’enfance. Parfois, elles touchent plusieurs générations d’une même famille. Je l’explique dans mon article sur la médiumnité héréditaire.
Heureusement, la réalité est moins dramatique que le film. Un enfant sensible n’a pas besoin d’un cuisinier télépathe. Il a besoin d’adultes qui l’écoutent sans le faire taire.
Pour ceux qui veulent apprivoiser ce don, j’ai réuni des exercices pratiques pour développer sa médiumnité.
Visiter le Stanley Hotel : chambres hantées, visites de nuit et labyrinthe
Dormir dans la chambre 217
Oui, on peut dormir dans la chambre 217, ainsi que dans les 401, 407, 418 et 428. Ce sont les chambres les plus demandées de l’hôtel. Il faut donc réserver plusieurs mois à l’avance, surtout autour d’Halloween. Les tarifs varient beaucoup selon la saison.
Une légende tenace concerne l’acteur Jim Carrey. Il aurait séjourné dans la 217 pendant le tournage de Dumb and Dumber, au Stanley. Puis il aurait quitté l’hôtel en pleine nuit. Il n’a jamais confirmé l’histoire, et elle reste à prendre avec prudence.
Visites guidées et labyrinthe
L’hôtel propose des visites historiques le jour et des visites « fantômes » la nuit. On y entre dans les pièces réputées actives, avec des récits d’employés. En 2015, l’hôtel a aussi planté un labyrinthe de haies sur sa pelouse, en clin d’œil au film de Kubrick.
Mon conseil de médium : allez-y en curieux, pas en chasseur de frissons. Restez ouvert, notez vos ressentis, et ne provoquez rien. Les lieux chargés répondent mieux au respect qu’à la peur. Si vous aimez ce genre de visite, découvrez aussi les lieux les plus hantés de France.
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Les autres films d’horreur tirés d’histoires vraies
L’Exorciste
Le film s’inspire d’un exorcisme réel pratiqué en 1949 sur un adolescent du Maryland. Je raconte cette affaire dans L’Exorciste, sa véritable histoire.
Conjuring
Les enquêtes d’Ed et Lorraine Warren ont nourri toute une saga. Leur parcours est retracé dans la vie du couple Warren.
La Nonne
Le démon Valak et l’abbaye roumaine du film ont eux aussi une histoire. Elle est à lire dans La Nonne, sa véritable histoire.
L’Emprise
Doris Bither affirmait être agressée par une entité invisible à Los Angeles. Son cas est détaillé dans l’affaire Doris Bither.
Enfin, si ces films vous empêchent de dormir, vous n’êtes pas seul. J’explique pourquoi dans mon article sur le syndrome Haunting, ces effets durables que les films d’horreur laissent sur notre esprit.
En bref : ce qu’il faut retenir de Shining et du Stanley Hotel
Shining est-il une histoire vraie ? Non, mais il naît d’une nuit réelle. Le 30 octobre 1974, Stephen King dort dans la chambre 217 du Stanley Hotel, au Colorado.
Le film a-t-il été tourné au Stanley ? Non. Kubrick a tourné en studio près de Londres. La façade de l’Overlook est celle du Timberline Lodge, dans l’Oregon.
Le Stanley Hotel est-il hanté ? Il en a la réputation depuis bien avant le roman. Les présences décrites sont surtout douces : un piano, des rires d’enfants, une femme de chambre.
Pourquoi King déteste-t-il le film ? Parce que Kubrick a fait de Jack un fou dès le départ et gommé le surnaturel. Doctor Sleep, en 2019, a réconcilié les deux visions.
FAQ : vos questions sur Shining et le Stanley Hotel
Non, pas au sens strict. Aucun gardien d’hôtel n’a tenté de tuer sa famille. En revanche, le roman naît d’une nuit réelle. Le 30 octobre 1974, Stephen King dort dans la chambre 217 du Stanley Hotel, au Colorado. Il y fait un cauchemar qui lui donne toute l’histoire de Shining.
Il en a la réputation depuis bien avant le roman. Employés et clients décrivent un piano qui joue seul, des rires d’enfants, une femme de chambre qui range les valises. La plupart de ces présences sont décrites comme douces. L’hôtel organise d’ailleurs des visites guidées de nuit.
En 1911, une lampe au gaz explose dans la chambre 217. La femme de chambre Elizabeth Wilson est blessée mais survit. Des clients disent aujourd’hui la voir ranger leurs affaires. C’est aussi dans cette chambre que Stephen King a dormi en 1974.
Parce que le Timberline Lodge, dont la façade apparaît dans le film, possédait une vraie chambre 217. La direction craignait que plus personne ne veuille y dormir. Kubrick a donc changé le numéro en 237.
Pas au Stanley Hotel. Stanley Kubrick a fait construire les intérieurs dans les studios d’Elstree, près de Londres. La façade de l’Overlook est celle du Timberline Lodge, dans l’Oregon. Le grand salon s’inspire de l’Ahwahnee Hotel, en Californie.
King voulait raconter la chute d’un père aimant. Or, chez Kubrick, Jack paraît fou dès le départ. Il reproche aussi au film d’avoir réduit Wendy et gommé le surnaturel. Il l’a comparé à une belle Cadillac sans moteur.
Kubrick a multiplié les prises jusqu’à l’épuisement. Selon le Livre Guinness des records, la scène de la batte de baseball a été tournée 127 fois. Shelley Duvall a décrit un tournage éprouvant, tout en reconnaissant sa force. Elle est morte en juillet 2024, à 75 ans.
Danny Lloyd a quitté le cinéma après Shining. Il enseigne aujourd’hui la biologie dans le Kentucky. Il fait une courte apparition dans Doctor Sleep, en 2019, comme spectateur d’un match de baseball.
La suite s’appelle Doctor Sleep. Stephen King l’a publiée en 2013. Ensuite, Mike Flanagan l’a adaptée au cinéma en 2019, avec Ewan McGregor dans le rôle de Danny adulte. Le film arrive sur Netflix en octobre 2026.








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