On parle souvent de « prendre du temps pour soi ». Mais on néglige souvent ce que cache ce « soi » ! Notons bien que nous ne sommes pas un seul soi. Nous sommes des êtres multidimensionnels constitués de différentes facettes : facettes de l’enfant intérieur, de médium, de l’enseignant, de l’artiste, de l’amant, etc. Prendre soin de soi, c’est prendre soin de toutes ces parties qui nous constituent.

C’est nous prendre en compte dans notre multiplicité. C’est accorder autant d’importance et de présence à notre facette d’amant qu’à notre facette d’enfant ou de parent. C’est développer chacune de nos parties sans jugement, sans privilégier l’une au détriment de l’autre, et sans se culpabiliser de ne pas y arriver tout de suite comme on le voudrait.

Spontanément, c’est humain, on a tendance à vouloir éliminer ce qui nous embête.

On a peur ? On fait tout pour ne plus craindre. On doute ? On lutte contre les questions. On est triste ? On est prêt à tout pour ne plus l’être. En réalité, rien n’est à éliminer, rien n’est à renier : tout cela fait partie de nous, tout cela n’est autre que la vie qui circule en nous. Alors, plutôt que de vouloir éliminer les choses, mieux vaut s’en occuper !

N’en faisons pas un drame, ce n’est pas si grave, acceptons de rire de nous-mêmes dans nos fragilités et de ne pas être parfaits. Et prenons le temps de nous attarder posément sur ce qui ne va pas, plutôt que de le fuir. Attention, il ne s’agit pas de prolonger infiniment notre souffrance.

Rappelons-nous qu’il y a deux types de souffrances : la souffrance vécue dans l’instant et la souffrance vécue comme spectateur, qui consiste à revivre sans fin la souffrance vécue dans l’instant et à souffrir dix ans au lieu d’un instant.

S’occuper de ce qui ne va pas ne consiste pas à s’apitoyer sur nos problèmes, mais à prendre le temps d’écouter nos parties en détresse.

En prenant ce temps d’introspection, souvent et pas qu’une fois je le précise bien, je peux voir quelles facettes ont besoin de plus d’attention. Je peux alors envisager de nouvelles manières d’aborder les choses, impulser des changements grands ou petits dans mon fonctionnement, refaire peut-être même ma propre éducation, en changeant ce que j’ai reçu de mes parents et de la société et qui ne me convient ou ne m’épanouit pas.

En parlant à ma facette d’enseignant qui est triste de ne pas s’exprimer, par exemple : « Je sais que tu es triste de ne pas pouvoir transmettre ton savoir, mais je peux te proposer une nouvelle manière de faire ; tu pourrais proposer à ton meilleur ami de partager avec toi ce que tu as appris le temps d’un déjeuner, tu pourrais suggérer d’animer des formations dans ton entreprise, tu pourrais écrire un article sur ce sujet qui te passionne, etc. »

Vous verrez comme cela vous apaisera instantanément et vous aidera à vous libérer de certaines frustrations et souffrances.

Oser se remettre en question dans ce que l‘on croit être vrai

Ce conseil va peut-être vous surprendre mais je me le rappelle à moi-même tous les jours : méfiez-vous de vous-même ! Ne soyez pas dupe de ce qui vous vient spontanément à l’esprit, ne croyez pas toutes vos pensées, même celles qui vous semblent les plus pures et altruistes.

Soyez vigilant pour ne pas vous laisser embarquer dans les discours séduisants de l’ego. Plus de 80 % de nos pensées sont influencées par lui et cela demande un petit effort que de le démasquer. Un effort, mais sans souf- france, qui vaut cependant la peine d’être fait et qui peut être pris comme un jeu, ou comme une aventure intérieure qui ne manque d’ailleurs pas de piment.

Allez, je mets mon ego au placard et je vous confie quelques exemples personnels.

Il y a quelques années, j’étais d’un grand romantisme et pouvais écrire des lettres de trois pages à ma dulcinée pour lui exprimer mon amour. Je revendiquais fièrement cette partie de moi, convaincu d’être dans une démarche d’amour et d’ouverture de cœur. Avec du recul, je réalise que se cachait derrière ma fougue un désir d’emprise sur l’autre, de possession.

L’ego se dissimule parfois même dans les actes les plus amoureux. J’ai déjà vu des personnes se réjouir d’avoir trouvé le « conjoint idéal » et s’exalter d’une relation « parfaite ». Alors oui, leur relation était parfaite pour développer une certaine partie d’eux, la facette parent par exemple, Madame étant ravie d’explorer sa facette maternelle avec Monsieur.

Mais cela se faisait en réalité au détriment d’autres facettes, la relation n’étant donc pas si équilibrée et épanouissante que cela à terme. Il m’est aussi arrivé de me démener pour faire un cadeau à quelqu’un et me plier en quatre pour lui faire plaisir. Pourtant, en étant lucide, au-delà de la pure générosité, il y avait là aussi une ruse de l’ego pour s’attirer amour et compliments.

C’est ainsi : l’ego est presque partout, et souvent encore plus là où on l’imagine le moins.

Pour tâcher de le démasquer, il faudrait se lever chaque matin en se disant : « J’ai une nouvelle journée à vivre, je sais que l’ego va être là à 80 %, où se cache-t-il ? » Et de jouer à guetter du coin de l’œil ses interventions. Attention, n’allez pas vous culpabiliser si vous ne le trouvez pas, ou si vous le trouvez trop. Personne n’est parfait, nous sommes là pour apprendre, nous sommes là où nous en sommes et c’est très bien comme ça. Acceptons nos limites et aimons-nous avec elles.

Pour essayer de démêler le vrai du faux, prenez un moment à vous pour radiographier vos différents corps. Où en êtes-vous de chacun d’eux ? Prenez-vous soin de votre corps physique ? Respectez-vous votre corps émotionnel sans le juger ? Prenez- vous le temps de nourrir votre corps mental ?

Guérir nos facettes blessées

Dans absolument toutes les situations de notre vie, j’ai bien dit toutes, les bonheurs, les succès, la santé comme les conflits, les maladies et même les accidents, il y a une ou plusieurs facettes de notre être en jeu, qui véhiculent des pensées et émotions, positives ou négatives, et qui sont inspirées par l’ego ou par l’âme.

La première chose à faire quand on vit des difficultés, quelle que soit leur nature et même s’il s’agit d’une maladie grave, est de prendre un temps pour soi et de se créer un espace où l’on peut évacuer son trop-plein d’émotions.

Il est important de prendre le temps de le faire car il y a toujours plus d’émotion qu’on ne le croit. Il faut aussi extérioriser nos flots de pensées négatives à travers des onomatopées ou des mots durs, quitte à dire des choses parfois horribles mais sans jugement.

Surtout n’oublions pas alors d’entrer pleinement dans notre corps. C’est essentiel pour entrer dans un processus de guérison. Ensuite, il est bien de prendre un temps pour se poser, observer, méditer et nous laisser inspirer par notre âme qui nous dira quelles facettes sont à l’origine de ce nous vivons, quels sont nos besoins et quelle action nous devons initier pour opérer pas à pas un ou des changements.

Un autre point capital à ne pas oublier dans ce processus est de regarder toujours où notre ego se trouve.

Apprenez à le décrypter dans ses moindres faits et gestes. Regardez avec quelles émotions il joue, comment il vous manipule, comment il agit sur votre corps. Apprenez comment il manipule les autres, les contrôle ou prend du pouvoir.

Donnez-lui de temps en temps un bel os à ronger. Pour vous donner un exemple, imaginons que je sois célibataire depuis des lustres et désespéré de ne pas vivre une belle histoire d’amour, au point de trouver insupportable la simple vue d’un couple amoureux.

Plutôt que de lutter contre les idées noires qui m’assaillent et la jalousie qui me ronge face à de beaux amoureux, je pourrais prendre un moment pour laisser mon ego cracher tout son venin en disant par exemple : « De toute façon, leur bonheur ne va pas durer, en plus elle est bien trop jeune pour lui et lui il n’est même pas beau. » Ou encore : « La vie de couple n’apporte que des ennuis et des souffrances. »

Il s’agit de sortir les critiques qui nous viennent sans retenue et de donner raison à l’ego un temps donné.

Non seulement cela permet d’être vrai, d’accepter ses limites et de verbaliser nos pensées et émotions toxiques, mais en plus cela met fin à la lutte intérieure entre nos différentes facettes. Apprenons à aimer notre ego, ou si nous n’y arrivons pas encore, disons-lui avec franchise : « Je ne suis pas d’accord avec toi et voici une solution plus pacifique. »

C’est en acceptant de faire le voyage à travers vos différents corps et vos différentes facettes que vous entrerez dans un processus de guérison profonde. Une belle aventure intérieure de chaque jour et chaque instant qui vaut la peine d’être explorée, avec pour alliés la bienveillance, l’amour de soi et de son prochain.

La puissance de l'Être Pour transformer, comprendre et réaliser votre vie Jean-Marie MULLER.

Extrait du livre « LA PUISSANCE DE L’ÊTRE »

Paru aux éditions Guy Trédaniel

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Jean-Marie Muller Médium - thérapeute - Clairvoyant

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