Chronique · Mythes, science et séries

Il dormait au fond des mers du Nord. Netflix l’a réveillé.

Une île qui n’en est pas une. Des bras capables d’entraîner un navire par le fond. Le Kraken hante les marins depuis des siècles. Avec la série Below, il revient sur nos écrans. Mais derrière la légende se cache un animal bien réel, et bien plus étrange qu’on ne l’imagine.

1752Pontoppidan décrit un Kraken grand comme une île
13 mlongueur maximale estimée du calmar géant
27 cmdiamètre de son œil, l’un des plus grands du monde animal
21,2 Mde vues pour Below en une semaine sur Netflix

En bref : Le Kraken est une créature marine légendaire de la mythologie scandinave, décrite comme un monstre gigantesque capable d’engloutir les navires. Il n’a jamais existé sous cette forme, mais sa légende s’inspire très probablement d’un animal réel : le calmar géant (Architeuthis dux), qui peut atteindre environ 13 mètres tentacules comprises et vit dans les profondeurs.

Longtemps considéré comme un mythe, le calmar géant n’a été décrit scientifiquement qu’en 1857 et photographié vivant pour la première fois en 2004. En octobre 2026, le Kraken est revenu sur le devant de la scène avec Below, la mini-série Netflix tournée à Terre-Neuve.

☰Sommaire de l’article10 sections, environ 12 minutes de lecture▼
  1. 01Below sur Netflix : le Kraken refait surface
  2. 02Below : mon avis sur la série Netflix
  3. 03Qu’est-ce que le Kraken ? Définition et origine de la légende
  4. 04Du mythe aux naturalistes : Pontoppidan, Linné et le poulpe colossal
  5. 05Le Kraken a-t-il existé ? Ce que les marins ont vraiment vu
  6. 06Le calmar géant, le vrai Kraken : taille, yeux, dernières observations
  7. 07Du Nautilus à Pirates des Caraïbes : le Kraken au cinéma
  8. 08Kraken, Loch Ness, Léviathan : pourquoi les monstres marins nous fascinent
  9. 09En résumé : le Kraken en quelques lignes
  10. 10FAQ : vos questions sur le Kraken et la série Below
Kraken : tentacules géants enlaçant un chalutier sous la pleine lune au large d’un village de pêcheurs de Terre-Neuve, le héros de la série Netflix Below et Sophie Vitali, médium et experte du paranormal : et si la créature marine des légendes avait vraiment existé ?

Below sur Netflix : le Kraken, créature marine des légendes, refait surface.

Below sur Netflix : le Kraken refait surface

Je vous l’avoue : j’ai regardé Below d’une traite. Comme des millions d’abonnés, d’ailleurs.

Depuis le 8 octobre, la mini-série de Netflix fait un carton : 21,2 millions de vues en une seule semaine, et la première place des séries en anglais de la plateforme.

Le principe ? Un village de pêcheurs de Terre-Neuve, au Canada, terrorisé par une créature venue des profondeurs. Des tentacules, une maison engloutie, des secrets enfouis. Bref, le Kraken n’est jamais très loin.

Alors, forcément, je me suis posé la question. Et si cette créature des légendes avait vraiment existé ?

De la série à la légende

J’ai donc plongé dans l’histoire du Kraken. Des sagas scandinaves aux naturalistes du XVIIIe siècle, des marins terrifiés aux caméras des océanographes, j’ai voulu savoir où nous en sommes vraiment.

Et je vous le dis tout de suite : la réalité est presque plus fascinante que la fiction. Elle a même un lien étonnant avec Terre-Neuve, le décor de Below.

Kraken, de quoi parle-t-on ?

Attention, le mot « kraken » est aujourd’hui partout : une plateforme de cryptomonnaie, une marque de rhum, des jeux vidéo. Ici, je vous parle de l’original.

Le monstre marin de la mythologie nordique, celui qui fait trembler les marins depuis le Moyen Âge.

Below : mon avis sur la série Netflix

Below est une mini-série canadienne de six épisodes, créée par Jesse McKeown, l’un des scénaristes de The Umbrella Academy. Josh Hartnett y incarne Calvin Penney, un pêcheur qui élève seul ses enfants.

Charlie Heaton, le Jonathan de Stranger Things, joue son fils. Et Mackenzie Davis campe une chercheuse venue étudier ce qui se passe au large.

Alors, mon avis ? La série en elle-même n’est pas mal du tout. Elle se laisse regarder, les acteurs sont sympathiques, et l’atmosphère de ce bout du monde fonctionne très bien.

Photographie de 1874 d’un calmar géant entier suspendu au-dessus de la baignoire du pasteur Moses Harvey à Saint-Jean de Terre-Neuve, la région où se déroule la série Below

Terre-Neuve, 1874 : un calmar géant dans la baignoire de Moses Harvey.

Les effets spéciaux ? On repassera

En revanche, je bloque vraiment sur la créature elle-même. Cette pieuvre géante a une représentation franchement grossière. Les effets spéciaux sont minimalistes, voire parfois carrément ridicules.

Et la fin, sans vous la dévoiler, m’a laissée un peu perplexe.

Je ne connais pas le budget de la série. Mais avec les moyens dont on dispose aujourd’hui, ils auraient pu faire beaucoup plus d’efforts. Le Kraken mérite mieux !

Terre-Neuve, vraie terre de calmars géants

Le choix de Terre-Neuve n’a rien d’anodin. Dans les années 1870, ses côtes ont vu s’échouer plusieurs calmars géants.

En 1874, à Saint-Jean, le pasteur et naturaliste Moses Harvey photographie même un spécimen entier, drapé au-dessus de sa baignoire. Une image historique, qui a contribué à prouver l’existence de l’animal.

Le carton de l’automne sur Netflix

Malgré ses défauts, Below cartonne : 17 millions de vues la première semaine, puis 21,2 millions la deuxième, et la première place des séries en anglais, selon les chiffres relayés par TheWrap.

C’est même le meilleur démarrage d’une série originale canadienne sur la plateforme.

Below en un coup d’œil

Ce que j’ai aimé

✓ L’ambiance de Terre-Neuve, brumeuse et isolée, parfaite pour un récit de monstre.

✓ Des acteurs sympathiques, Josh Hartnett et Mackenzie Davis en tête.

✓ Un mélange de légende locale, de suspense et d’humour qui se regarde facilement.

✓ Six épisodes seulement : on la termine en un week-end.

Ce qui m’a fait sourire

✗ Des effets spéciaux minimalistes, parfois franchement ridicules.

✗ Une créature à la représentation grossière, loin du Kraken qu’on imagine.

✗ Une fin un peu ridicule, qui gâche la tension accumulée.

✗ Avec les moyens d’aujourd’hui, on pouvait espérer beaucoup mieux.

NetflixBande-annonce VFSérie 2026

Below : la bande-annonce en français

Une mini-série en 6 épisodes, disponible depuis le 8 octobre 2026

À Snooks Arm, un petit port de Terre-Neuve, une maison est tirée vers le large et engloutie. Calvin Penney, pêcheur hanté par la mort mystérieuse de son père, s'allie à une chercheuse pour protéger sa famille de la créature qui remonte des profondeurs.

Josh HartnettCharlie HeatonMackenzie DavisTerre-Neuve

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Détail de la Carta Marina d’Olaus Magnus, 1539 : monstres marins attaquant des navires dans les mers du Nord, aux origines de la légende scandinave du Kraken

La Carta Marina d’Olaus Magnus, 1539 : les mers du Nord peuplées de monstres.

Qu’est-ce que le Kraken ? Définition et origine de la légende

Le Kraken est un monstre marin légendaire des mers scandinaves, décrit comme une créature gigantesque aux bras immenses, capable d’entraîner un navire par le fond. On le situe au large de la Norvège et de l’Islande.

Le mot vient du norvégien « krake », qui désignait une créature tordue, difforme. « Kraken » en est la forme définie : « le krake ». Autrement dit, la bête.

Le Kraken dans les sagas scandinaves

Curieusement, le mot « kraken » n’apparaît pas dans les sagas médiévales. Mais elles décrivent déjà des monstres marins colossaux.

La hafgufa, dans la saga d’Örvar-Oddr, et dans le Miroir royal norvégien, le Konungs skuggsjá, rédigé vers 1250.

Ce monstre-là était si grand que les marins le prenaient pour une île. Une image qui collera au Kraken pendant des siècles.

Olaus Magnus et la Carta Marina

En 1539, l’ecclésiastique suédois Olaus Magnus publie la Carta Marina, une carte des pays du Nord. Ses mers grouillent de serpents géants, de baleines monstrueuses et de créatures qui attaquent les navires.

La peur des profondeurs a désormais un visage.

Hafgufa, lyngbakr, kraken : les monstres du Nord

Le monstreCe qu’en disent les textes
HafgufaMonstre des sagas islandaises, si grand qu’on le prend pour une île. Il ouvre la gueule pour avaler les poissons, et parfois les navires.
Lyngbakr« Dos de bruyère » : une baleine géante couverte de végétation, sur laquelle les marins débarquent par erreur.
KrakenLe nom norvégien qui s’impose au XVIIIe siècle : une bête immense aux nombreux bras, qui crée un tourbillon en plongeant.

Le Kraken est-il un monstre de la mythologie grecque ?

Non, et c’est une confusion fréquente. On la doit au film Le Choc des Titans, qui l’a placé aux côtés de Persée. Le Kraken est purement scandinave. Le monstre marin grec de la légende d’Andromède s’appelle Céto.

Du mythe aux naturalistes : Pontoppidan, Linné et le poulpe colossal

Au XVIIIe siècle, le Kraken quitte les récits de marins pour entrer dans les livres de science. Et pas n’importe lesquels.

En 1735, dans la première édition de son Systema Naturae, le grand naturaliste suédois Carl von Linné le classe parmi les céphalopodes, sous le nom de Microcosmus. Il le retirera des éditions suivantes.

Pontoppidan et le Kraken grand comme une île

En 1752 et 1753, l’évêque de Bergen, Erik Pontoppidan, publie son Histoire naturelle de la Norvège. Il y décrit le Kraken comme une bête de la taille d’une île flottante.

Gravure du Poulpe colossal de Pierre Denys de Montfort, un octopus géant enroulant ses tentacules autour d’un trois-mâts : l’image la plus célèbre de la légende du Kraken

Le Poulpe colossal de Montfort, vers 1801 : l’image qui a fixé le Kraken dans les esprits.

Selon lui, le vrai danger n’était pas son attaque, mais le tourbillon qu’il provoquait en plongeant, capable d’aspirer les plus gros navires. Les pêcheurs, eux, le recherchaient : les poissons se rassemblaient au-dessus de lui.

Le « poulpe colossal » de Montfort

Vers 1801, le naturaliste français Pierre Denys de Montfort va plus loin. Il décrit un poulpe géant qui aurait attaqué un navire au large de l’Angola, et fait graver la scène.

C’est cette image qui fixe pour toujours le Kraken dans les esprits.

Montfort s’emballe ensuite : il accuse un poulpe d’avoir coulé dix navires de guerre britanniques en 1782. Problème, les Anglais savaient qu’ils avaient sombré dans un ouragan… au large de Terre-Neuve.

Sa réputation ne s’en remettra pas.

« Sous les tonnerres d’en haut »

En 1830, le poète anglais Alfred Tennyson consacre au Kraken un poème célèbre. Il l’imagine endormi depuis toujours au fond des abysses, et ne remontant qu’à la fin des temps. Le monstre devient une figure romantique.

Gravure du calmar géant rencontré par la corvette française Alecton au large de Tenerife en novembre 1861, les marins tentant de le hisser à bord : la rencontre qui a rendu le Kraken réel

L’Alecton face au calmar géant, au large de Tenerife, en novembre 1861.

Le Kraken a-t-il existé ? Ce que les marins ont vraiment vu

Alors, le Kraken a-t-il existé ? Pas sous la forme d’une île vivante capable d’avaler un trois-mâts. Mais les marins n’ont pas tout inventé.

Ils ont très probablement aperçu, de loin et dans de mauvaises conditions, des calmars géants venus mourir en surface, des baleines, ou des amas d’algues. La peur et l’imagination ont fait le reste.

Novembre 1861 : l’Alecton face au monstre

Le tournant a lieu en novembre 1861, au large de Tenerife. L’équipage de la corvette française Alecton croise un énorme calmar à la surface. Les marins le harponnent et tentent de le hisser à bord.

L’animal se brise sous son propre poids. Ils ne récupèrent qu’un morceau de la queue. Mais le rapport est transmis à l’Académie des sciences, et un officier dessine la scène. Le monstre devient un animal.

1857 : le calmar géant reçoit un nom

Quelques années plus tôt, en 1857, le naturaliste danois Japetus Steenstrup avait déjà décrit le calmar géant à partir de restes échoués. Il lui donne le nom d’Architeuthis.

Pour la première fois, la science reconnaît l’existence de l’animal derrière la légende.

Les cachalots, témoins des combats

Un autre indice troublait les baleiniers. Sur la peau des cachalots, on trouvait des cicatrices circulaires, laissées par d’énormes ventouses. Et dans leur estomac, des becs de calmars.

Les combats entre géants avaient bien lieu, quelque part dans le noir.

Le calmar géant, le vrai Kraken : taille, yeux, dernières observations

Le vrai Kraken, c’est donc lui : le calmar géant, Architeuthis dux. Un animal qui peut atteindre environ 13 mètres tentacules comprises, et qui vit dans l’obscurité totale, au-delà de 500 mètres de profondeur.

Son œil peut mesurer jusqu’à 27 centimètres, la taille d’un ballon de football. De quoi repérer, dans le noir, la lueur d’un cachalot qui approche.

Le calmar géant, enfin filmé vivant

Pendant plus d’un siècle, on ne connaissait le calmar géant que mort, échoué ou retrouvé dans l’estomac des cachalots.

Tentacules et ventouses d’un calmar géant Architeuthis dux conservé au Museums Victoria : le vrai animal derrière la légende du Kraken

Les ventouses d’un calmar géant, Architeuthis dux. Photo Benjamin Healley, Museums Victoria, CC BY 4.0.

Il a fallu attendre 2004 pour obtenir les premières images d’un spécimen vivant, au large du Japon, puis 2012 pour le filmer dans son milieu naturel.

Le calmar colossal, encore plus impressionnant

Son cousin, le calmar colossal des mers australes, est un peu moins long, mais beaucoup plus lourd : on estime qu’il peut dépasser 500 kg.

En 2025, un jeune calmar colossal a été filmé vivant pour la première fois, près des îles Sandwich du Sud, par une expédition du Schmidt Ocean Institute.

Il y a quelques mois : deux calmars géants à 4 300 mètres

Et l’actualité continue.

Cet été, le même institut a diffusé des images exceptionnelles : deux calmars à grandes nageoires, ces géants aux bras filiformes interminables, filmés ensemble à environ 4 300 mètres de profondeur, dans l’Atlantique équatorial.

Leurs bras pourraient atteindre 8 mètres. La presse française s’en est fait l’écho en octobre. Une première, pour un animal observé seulement quelques dizaines de fois, d’après IFLScience.

Un calmar géant de 49 mètres ? Non

Vous avez peut-être vu passer cette rumeur : un calmar géant de 49 mètres. C’est faux. Les plus grands spécimens mesurés approchent 13 mètres, tentacules comprises.

Les récits de 20 mètres ou plus n’ont jamais été confirmés scientifiquement.

Le calmar géant est-il dangereux ?

Pour l’homme, aucune attaque n’a jamais été scientifiquement prouvée. Le calmar géant vit trop profond pour croiser des nageurs, et il fuit sans doute les submersibles. Le seul qui doit le craindre, c’est le cachalot.

Et inversement.

Le calmar géant en chiffres

Le calmar géantCe que l’on sait
Nom scientifiqueArchiteuthis dux, décrit par Japetus Steenstrup en 1857
TailleEnviron 13 m pour les femelles, 10 m pour les mâles, tentacules comprises
PoidsJusqu’à 275 kg environ pour les plus grosses femelles
ŒilJusqu’à 27 cm de diamètre, l’un des plus grands du monde animal
HabitatLes profondeurs, au-delà de 500 m, dans presque tous les océans
PrédateurLe cachalot, son seul véritable ennemi

Les grandes dates de l’observation

2004Archipel d’Ogasawara, JaponPremières images d’un calmar géant vivant, à 900 m de fond.
2012JaponPremier calmar géant filmé dans son milieu naturel, depuis un submersible.
2019Golfe du MexiqueUn calmar géant filmé pour la première fois dans les eaux américaines.
2025Atlantique SudLe calmar colossal, plus lourd encore, filmé vivant pour la première fois.
2026Atlantique équatorialDeux calmars à grandes nageoires filmés ensemble à 4 300 m de fond.Une première
Gravure d’Alphonse de Neuville pour Vingt mille lieues sous les mers de Jules Verne : un poulpe géant saisit un marin du Nautilus, ancêtre des Kraken du cinéma

Vingt mille lieues sous les mers, 1870 : le Kraken entre dans la littérature.

Du Nautilus à Pirates des Caraïbes : le Kraken au cinéma

Le Kraken n’a jamais quitté notre imaginaire. Au contraire : chaque génération lui donne un nouveau visage. Et le cinéma s’en est donné à cœur joie.

Tout commence en littérature. En 1870, dans Vingt mille lieues sous les mers, Jules Verne fait affronter au Nautilus une bande de poulpes géants. Il s’inspire directement de la rencontre de l’Alecton, qu’il cite dans le roman.

« Libérez le Kraken ! »

En 1981, Le Choc des Titans fait du Kraken le monstre auquel Andromède doit être sacrifiée. La réplique « Libérez le Kraken ! » devient culte, et le remake de 2010 la reprend.

Peu importe que le Kraken n’ait rien de grec : il est entré dans la pop culture.

Pirates des Caraïbes, le Kraken de Davy Jones

En 2006, Pirates des Caraïbes : le Secret du coffre maudit en fait l’arme de Davy Jones, lancée aux trousses de Jack Sparrow. C’est sans doute le Kraken le plus spectaculaire du cinéma.

Et, je le dis avec un sourire, vingt ans plus tard, il reste bien plus convaincant que celui de Below.

Below, dernier héritier

Avec Below, le Kraken change de terrain : il quitte la haute mer pour un petit village de pêcheurs. L’idée est bonne.

Si les monstres et les mythes au cinéma vous passionnent, lisez aussi ma chronique sur L’Odyssée de Christopher Nolan, ses sirènes et son Cyclope, ou celle sur Carrie et la télékinésie.

Kraken, Loch Ness, Léviathan : pourquoi les monstres marins nous fascinent

Le Kraken n’est pas seul. Le Léviathan de la Bible, le serpent de mer, le monstre du Loch Ness : toutes les cultures ont peuplé leurs eaux de créatures géantes.

Pourquoi ? Parce que la mer reste le dernier grand inconnu. Aujourd’hui encore, l’essentiel des fonds marins n’a jamais été cartographié en détail. On connaît mieux la surface de la Lune que les abysses.

La peur de ce qu’on ne voit pas

Le Kraken incarne une peur très ancienne : celle de ce qui se cache sous nos pieds, dans le noir, et qui pourrait surgir sans prévenir.

Le monstre du Loch Ness, Nessie : science et mystère, par Sophie Vitali

Nessie, autre grand monstre des eaux : lisez mon enquête sur le Loch Ness.

Une peur que l’on retrouve dans les yokai japonais comme dans le mythe de l’Atlantide engloutie.

Kraken ou mégalodon ?

On les oppose souvent sur les réseaux. Mais le mégalodon a bel et bien existé : c’était un requin géant, disparu il y a environ 3,6 millions d’années. Le Kraken, lui, est une légende, nourrie par un animal réel, le calmar géant.

Mon verdict

Alors, le Kraken a-t-il existé ? Pas l’île vivante des sagas. Mais son modèle, lui, nage toujours dans les profondeurs, et nous commençons à peine à le voir. Avouez que c’est plus excitant que n’importe quel effet spécial.

Below m’aura au moins donné envie de replonger dans cette histoire. Et vous, l’avez-vous regardée ?

Une peur qui remonte des profondeurs, une question qui vous hante ?

Les légendes parlent souvent de ce que l’on ressent sans pouvoir l’expliquer. Si une question sur votre avenir vous travaille, nos médiums et voyants vous écoutent par téléphone, 24h/24, en toute discrétion.

En résumé : le Kraken en quelques lignes

En résumé : Le Kraken est un monstre marin de la mythologie scandinave, décrit comme une bête immense capable d’engloutir les navires. Annoncé par la hafgufa des sagas islandaises et le Konungs skuggsjá (vers 1250), il prend son nom au XVIIIe siècle avec l’évêque Erik Pontoppidan (1752-1753), qui le décrit grand comme une île. Linné le classe un temps parmi les céphalopodes (1735), et Pierre Denys de Montfort grave son célèbre « poulpe colossal » vers 1801.

Le Kraken n’a jamais existé sous cette forme, mais il s’inspire très probablement du calmar géant, Architeuthis dux, décrit en 1857 : environ 13 mètres tentacules comprises, un œil de 27 cm, une vie au-delà de 500 m de profondeur. La rencontre de l’Alecton (1861) a inspiré Jules Verne. Le calmar géant a été photographié vivant en 2004, filmé dans son milieu en 2012, et le calmar colossal en 2025. Le mythe revit aujourd’hui dans Below, la mini-série Netflix tournée à Terre-Neuve et sortie le 8 octobre 2026.

Sources : Wikipédia, Kraken ; Wikipédia, Calmar géant ; Schmidt Ocean Institute ; IFLScience, calmars à grandes nageoires ; TheWrap, audiences de Below.

FAQ : vos questions sur le Kraken et la série Below

Les réponses courtes aux questions les plus posées sur le Kraken, le calmar géant et la série Below.

Qu’est-ce que le Kraken ?

Le Kraken est un monstre marin légendaire de la mythologie scandinave, décrit comme une créature gigantesque aux bras immenses, capable d’entraîner les navires par le fond. Il hante les récits des marins de Norvège et d’Islande.

Le Kraken a-t-il vraiment existé ?

Non, pas sous la forme d’un monstre grand comme une île. Mais la légende s’inspire très probablement d’un animal réel, le calmar géant (Architeuthis dux), qui peut atteindre environ 13 mètres tentacules comprises et vit dans les profondeurs.

Quelle est l’origine du Kraken ?

Le Kraken vient des légendes scandinaves. La hafgufa, monstre si grand qu’on le prenait pour une île, apparaît dans les sagas et le Konungs skuggsjá vers 1250. Le nom « kraken », du norvégien « krake », s’impose au XVIIIe siècle avec l’évêque Erik Pontoppidan.

Le Kraken vient-il de la mythologie grecque ?

Non. Le Kraken est scandinave. La confusion vient du film Le Choc des Titans (1981), qui l’associe à Persée et Andromède. Le monstre marin grec de cette légende s’appelle Céto.

Quelle est la taille du calmar géant ?

Le calmar géant peut atteindre environ 13 mètres pour les femelles et 10 mètres pour les mâles, tentacules comprises, pour un poids pouvant approcher 275 kg. Son œil peut mesurer jusqu’à 27 centimètres de diamètre.

Existe-t-il un calmar géant de 49 mètres ?

Non. C’est une rumeur. Les plus grands calmars géants mesurés approchent 13 mètres tentacules comprises, et aucun spécimen de 20 mètres ou plus n’a jamais été confirmé scientifiquement.

Le calmar géant est-il dangereux pour l’homme ?

Aucune attaque de calmar géant contre l’homme n’a été scientifiquement prouvée. L’animal vit au-delà de 500 mètres de profondeur et son principal ennemi est le cachalot.

Quand a-t-on filmé un calmar géant pour la première fois ?

Les premières images d’un calmar géant vivant ont été prises en 2004 au large du Japon, et le premier film dans son milieu naturel date de 2012. Le calmar colossal, son cousin plus lourd, a été filmé vivant pour la première fois en 2025.

De quoi parle la série Below sur Netflix ?

Below est une mini-série canadienne de six épisodes, sortie le 8 octobre 2026. À Snooks Arm, un village de pêcheurs de Terre-Neuve, une mystérieuse créature marine terrorise les habitants. Josh Hartnett, Charlie Heaton et Mackenzie Davis en sont les têtes d’affiche.

Quelle différence entre le Kraken et le mégalodon ?

Le mégalodon a réellement existé : c’était un requin géant, disparu il y a environ 3,6 millions d’années. Le Kraken est une créature légendaire, inspirée par un animal réel, le calmar géant.