L’Atlantide, c’est quoi ?
L’Atlantide est une île mythique décrite par Platon, vers 360 av. J.-C., dans le Timée et le Critias : une puissante civilisation fondée par Poséidon, gouvernée par Atlas et neuf autres rois, située « au-delà des colonnes d’Hercule » et engloutie par la mer « en un jour et une nuit », 9 000 ans avant Solon.
Aucune preuve archéologique de son existence n’a jamais été trouvée : pour les historiens, il s’agit d’une allégorie politique. Les hypothèses de localisation (Santorin, structure de Richat, Gibraltar, Bimini, Yonaguni) et les lectures ésotériques (Donnelly, Blavatsky, Cayce) continuent pourtant de nourrir le mythe.
Pourquoi une médium s’intéresse à l’Atlantide

L’Atlantide, je l’ai rencontrée trois fois. D’abord enfant, dans un livre illustré où une cité aux anneaux d’or sombrait dans les vagues. Puis dans le Timée de Platon, bien plus sec. Enfin en consultation, où des personnes me disent, très sérieusement, avoir « vécu là-bas ». Alors, mythe ou réalité ?
Dans cet article, je sépare trois couches. Ce que Platon a écrit. Ce que la science a cherché. Et ce que perçoivent les médiums, dont Natacha Lamata dans l’émission Kurious Anima que vous trouverez plus bas. Mon objectif est simple : que vous repartiez avec des faits, des dates et une opinion à vous.
Qu’est-ce que l’Atlantide ? Le récit de Platon
Une île au-delà des colonnes d’Hercule
Tout commence à Athènes, vers 360 av. J.-C. Dans deux dialogues, le Timée puis le Critias, Platon fait raconter par le personnage de Critias l’histoire d’une île immense, « plus grande que la Libye et l’Asie réunies ».
Elle se situe au-delà des colonnes d’Hercule, c’est-à-dire du détroit de Gibraltar. Cette île, Poséidon l’a reçue lors du partage du monde entre les dieux. C’est la seule source antique : tout ce que l’on dit de l’Atlantide vient de ces quelques pages.
Poséidon, Clitô et les dix rois
Selon Platon, Poséidon s’unit à une mortelle, Clitô, qui lui donne cinq paires de jumeaux. L’aîné, Atlas, donne son nom à l’île et à l’océan Atlantique.
Les dix frères règnent sur dix royaumes. La cité-mère est bâtie autour d’une colline, entourée d’anneaux concentriques de terre et d’eau reliés par des canaux. Les murs brillent d’orichalque, un métal mystérieux.
Régulièrement, les rois sacrifient un taureau et rendent la justice ensemble. Enfin, le Critias décrit une plaine de 3 000 stades sur 2 000, soit environ 540 km sur 360, et une armée de 10 000 chars et 1 200 navires.
La chute « en un seul jour et une seule nuit »
Puis vient la chute. Les Atlantes, devenus arrogants, lancent la conquête de la Méditerranée. Athènes, seule, les repousse. Alors Zeus décide de les punir : des séismes et un raz-de-marée engloutissent l’île « en un seul jour et une seule nuit ».
Il ne reste qu’une mer de limon infranchissable. Platon situe l’événement 9 000 ans avant Solon, donc vers 9 600 av. J.-C. Le Critias, d’ailleurs, s’arrête net, inachevé, au moment où Zeus prend la parole.
D’où Platon tenait-il cette histoire ?
D’où Platon tenait-il ce récit ? Il le dit lui-même : de Solon, le législateur d’Athènes, qui l’aurait entendu au VIe siècle av. J.-C. de la bouche d’un prêtre égyptien du temple de Saïs.
Le récit serait ensuite passé de Dropidès, l’ancêtre de Critias, jusqu’à lui. Autrement dit, une chaîne orale de deux siècles, invérifiable. C’est précisément là que le débat commence.
L’Atlantide a-t-elle vraiment existé ? Ce que dit la science
Aristote, Strabon et les premiers doutes
Les doutes sont anciens. Selon Strabon, Aristote, l’élève de Platon, ne croyait pas à l’Atlantide et y voyait une invention de son maître. Ératosthène doutait aussi. En revanche, Posidonios et Strabon jugeaient que l’histoire « pourrait bien ne pas être une pure fiction ». Dès l’Antiquité, donc, les deux camps existent.
Le consensus actuel : une allégorie politique
Aujourd’hui, les historiens sont presque unanimes. Pierre Vidal-Naquet, dans L’Atlantide, petite histoire d’un mythe platonicien (2005), comme Luc Brisson ou Heinz-Günther Nesselrath, y voient une fiction philosophique.
Platon invente une puissance orgueilleuse pour la faire vaincre par une Athènes idéale. Il illustre ainsi sa République. Aucun texte égyptien, aucune archive, aucun site archéologique ne confirme le récit. Plus de 4 000 livres ont pourtant été publiés sur le sujet.
Pourquoi l’Atlantide est-elle introuvable ?
Pourquoi, alors, l’Atlantide est-elle introuvable ? Parce que la description de Platon est incompatible avec la géologie. Il n’existe pas de continent effondré dans l’Atlantique ; le plancher océanique est cartographié et il n’a pas bougé de cette manière depuis des millions d’années.
Quant aux « ruines » repérées sur Google Earth en 2009, Google a expliqué qu’il s’agissait des traces des sondages effectués par les bateaux. Chercher l’Atlantide de Platon, c’est chercher un lieu que son auteur n’a jamais situé sur une carte réelle.
Où se trouve l’Atlantide ? Les hypothèses de localisation
- 1679SuèdeOlof Rudbeck place l’Atlantide en Scandinavie dans son Atlantica.
- 1882Berceau des civilisationsIgnatius Donnelly relance le mythe aux États-Unis.
- 1960sSantorinMarinatos et Galanopoulos relient l’Atlantide à l’éruption minoenne (vers 1650 av. J.-C.).
- 1968BiminiDécouverte de la « route de Bimini », annoncée par Edgar Cayce.
- 1976CousteauExpédition à Santorin, sans résultat.
- 1986YonaguniTerrasses sous-marines repérées au Japon.
- 2005MilosPremière conférence internationale : 24 critères pour trier les candidats.
- 2009GibraltarJacques Collina-Girard propose le banc de Spartel ; Google Earth dément ses « ruines ».
- 2018RichatL’« œil du Sahara » devient viral.
Santorin et l’éruption minoenne, vers 1650 av. J.-C.
L’hypothèse la plus sérieuse est celle de Santorin. Vers 1650 av. J.-C., le volcan de Théra explose : une éruption plinienne, des tsunamis, la fin brutale de la civilisation minoenne, première grande puissance maritime de la Méditerranée.
Dans les années 1960, l’archéologue Spyridon Marinatos, qui fouille Akrotiri, et le sismologue Angelos Galanopoulos proposent d’y voir l’origine du mythe.
Pour que les dates collent, ils divisent les chiffres de Platon par dix. Jacques-Yves Cousteau y a même mené une expédition en 1976, sans résultat. C’est l’explication que je trouve la plus élégante : un souvenir déformé d’une catastrophe réelle.
La structure de Richat, l’« œil du Sahara »
Vous avez sans doute vu passer l’« œil du Sahara ». La structure de Richat, en Mauritanie, est un dôme géologique d’une quarantaine de kilomètres de diamètre, formé d’anneaux concentriques. Depuis 2018, des vidéos très partagées y voient la cité de Platon.
Le problème, c’est que la structure est une formation naturelle vieille de centaines de millions d’années. Elle se trouve en plein désert, à des centaines de kilomètres de l’océan. De plus, on n’y a trouvé ni mur, ni port, ni canal. L’image est saisissante ; la preuve, elle, n’existe pas.
Gibraltar, Yonaguni, Bimini : les terres englouties
Restent les terres réellement englouties. À la fin de la dernière glaciation, le niveau des mers est monté d’environ 120 mètres. Des îles ont disparu près de Gibraltar, comme le banc de Spartel, que le géologue Jacques Collina-Girard a proposé comme candidat.
Au large du Japon, les terrasses de Yonaguni, découvertes en 1986, divisent : le géologue Masaaki Kimura y voit une cité, Robert Schoch une formation naturelle.
Enfin, aux Bahamas, la « route de Bimini », repérée en 1968, est constituée de blocs alignés que la plupart des géologues attribuent à l’érosion. Autrement dit : oui, des terres ont été englouties. Non, aucune ne ressemble à l’Atlantide décrite par Platon.
Des centaines d’autres candidats
Et la liste est longue. On a placé l’Atlantide en Suède, en Bretagne, à Troie, en Sicile, au Pérou, en Antarctique, dans le Hoggar ou en Andalousie.
En 2005, la conférence de Milos a même fixé 24 critères pour trier les candidats. Ce foisonnement dit une chose : chacun projette l’Atlantide là où il aimerait qu’elle soit.
L’Atlantide ésotérique : Donnelly, Blavatsky, Steiner et Cayce
Des races-mères aux annales akashiques
À partir du XIXe siècle, l’Atlantide change de nature. En 1882, l’Américain Ignatius Donnelly publie Atlantis : le monde antédiluvien et en fait le berceau de toutes les civilisations. En 1888, Helena Blavatsky, fondatrice de la Société théosophique, décrit dans La Doctrine secrète une succession de « races-mères ».
D’abord les Hyperboréens, puis les Lémuriens, enfin les Atlantes, dont nous descendrions. Rudolf Steiner reprend cette lecture dès 1904 dans sa Chronique de l’Akasha. Il y lit l’histoire atlante dans les « annales akashiques », cette mémoire universelle que j’évoque dans mon article sur les annales akashiques.
Edgar Cayce et la prophétie de 1968
Le plus célèbre reste Edgar Cayce, le « prophète dormant ». Dans ses lectures en transe, il décrit une Atlantide dotée de cristaux d’énergie et affirme que ses habitants se sont réincarnés parmi nous. Il annonce aussi qu’une partie de l’île réapparaîtra « en 1968 ou 1969 » près de Bimini.
La découverte de la « route de Bimini » en 1968 a suffi à entretenir la légende. Je le dis clairement : ces textes sont des visions, pas des documents historiques. Mais ils ont façonné l’Atlantide que le grand public imagine aujourd’hui, avec ses cristaux, ses prêtres et ses pouvoirs.
Ce que perçoit une médium : la lecture de Natacha Lamata
C’est cette Atlantide-là que Natacha Lamata, médium et guérisseuse, explore dans l’émission Kurious Anima animée par Didier Santiago. Natacha annonce sa source d’emblée : « mes guides sont atlantes pour la plupart ».
Dans sa lecture, tout commence « il y a 36 000 ans », avec des civilisations venues d’ailleurs. Les Atlantes seraient grands, clairs et « polymorphiques » : humains sur terre, sirènes dans l’eau. D’où, selon Natacha, le mythe des sirènes.
La médium compte dix Atlantis, comme les dix fils de Poséidon et Clitô, la première sur les côtes d’Espagne. L’orgueil technologique ? « Plutôt la légende urbaine », balaie Natacha.
La chute viendrait d’une tentative de vol du cristal bleu, source de l’énergie cristalline. Ce vol déclenche un séisme, puis « un immense tsunami ».
Natacha poursuit avec les portes interdimensionnelles et les trous de ver. Puis viennent les pyramides, présentées comme des temples de soin fonctionnant « comme des piles ». La structure de Richat devient « l’Atlantide du Sahara », et Yonaguni « Atlantis 6 ».
Enfin, les maîtres ascensionnés et les archanges sont décrits comme des Atlantes, tout comme certains descendants d’aujourd’hui, « extrêmement lumineux ». Je vous laisse écouter Natacha Lamata en entier : sa parole mérite d’être entendue telle quelle, avec ses fulgurances et ses zones d’ombre.
Mon regard de médium
Mon regard de médium sur tout cela ? Il est prudent, et je vous dois cette prudence. Natacha parle de ce qu’elle reçoit ; moi, je parle de ce que je vérifie.
En consultation, il m’arrive de percevoir des images très anciennes chez une personne. Une cité blanche. L’eau qui monte. Une peur du bruit de la mer. Est-ce l’Atlantide ? Je n’en sais rien, et je ne l’affirme jamais. Une perception n’est pas une preuve.
Ce que je constate, en revanche, c’est que ce symbole travaille les gens : la chute d’une civilisation brillante et orgueilleuse parle à notre époque. Les vies antérieures, les rêves d’eau, les leçons karmiques : voilà ce que je lis, pas des coordonnées GPS.
Pourquoi l’Atlantide nous fascine encore
Pourquoi ce mythe résiste-t-il à 2 400 ans de réfutations ? Parce qu’il raconte trois choses universelles. D’abord, la nostalgie d’un âge d’or, que l’on retrouve dans l’Agarta ou l’Hyperborée.
Ensuite, la peur de la chute : une société trop sûre d’elle, punie par la nature. Enfin, l’idée d’un savoir perdu, que l’on projette sur Göbekli Tepe, sur les pyramides ou sur Nazca et Machu Picchu. L’Atlantide n’est peut-être pas un lieu. C’est un miroir.
Alors, l’Atlantide a-t-elle existé ? Historiquement, non : c’est une fiction de Platon, sans doute inspirée par des catastrophes réelles comme l’explosion de Santorin. Symboliquement, oui : elle vit dans nos livres, nos rêves et parfois nos consultations. Je vous invite à tenir les deux bouts.
Écoutez Natacha Lamata, lisez Platon, regardez les cartes du plancher océanique. Et gardez votre discernement : c’est lui, le vrai trésor englouti.
FAQ : vos questions sur l’Atlantide
Nulle part de connu. Platon la situe « au-delà des colonnes d’Hercule », c’est-à-dire au-delà du détroit de Gibraltar, dans l’océan Atlantique, sans plus de précision. Aucun site archéologique ne correspond à sa description. Les candidats les plus cités sont Santorin, la structure de Richat en Mauritanie, le banc de Spartel près de Gibraltar, Bimini aux Bahamas et Yonaguni au Japon, mais aucun n’a été validé par la recherche.
C’est le récit fait par Platon dans le Timée et le Critias, vers 360 av. J.-C. : une île puissante fondée par Poséidon et gouvernée par dix rois, dont Atlas, qui tente de conquérir la Méditerranée, est vaincue par Athènes puis engloutie par la mer en un jour et une nuit, 9 000 ans avant Solon.
Pour la quasi-totalité des historiens, non : Platon a inventé l’Atlantide comme une allégorie politique, et aucune preuve archéologique ou géologique n’a jamais été trouvée. L’éruption de Santorin, vers 1650 av. J.-C., a pu inspirer le récit. Les lectures médiumniques et ésotériques, elles, relèvent de la croyance, pas de l’histoire.
Parce que le plancher de l’océan Atlantique est cartographié et ne contient aucun continent effondré, et parce que Platon ne donne aucune coordonnée réelle. Les « ruines » aperçues sur Google Earth en 2009 étaient des traces de sondages effectués par des bateaux.
Les deux viennent de la théosophie d’Helena Blavatsky (1888), qui décrit des « races-mères » successives : Hyperboréens, Lémuriens puis Atlantes. La Lémurie, ou Mu, serait un continent englouti dans l’océan Indien ou le Pacifique. Aucun des deux n’a d’existence scientifique ; ce sont des récits spirituels.
Dans ses lectures en transe, Edgar Cayce décrit une civilisation atlante avancée, dotée de cristaux d’énergie, dont les âmes se seraient réincarnées de nos jours. Il annonce qu’une partie de l’Atlantide remonterait « en 1968 ou 1969 » près de Bimini. La « route de Bimini », des blocs alignés découverts en 1968, est attribuée par les géologues à l’érosion naturelle.


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