Ils ont été jugés pour s’être changés en loups
Du XVe au XVIIIe siècle, l’Europe a torturé, condamné et brûlé des hommes et des femmes accusés de lycanthropie. Voici leur histoire vraie, archives à l’appui.
En bref : Les loups-garous n’ont jamais existé en tant que créatures. En revanche, du XVe au XVIIIe siècle, l’Europe a bien jugé, torturé et exécuté des hommes et des femmes accusés de se changer en loups. Les historiens recensent environ 280 affaires, surtout en France, en Allemagne, en Suisse et dans les pays baltes.
Gilles Garnier est brûlé vif à Dole en 1574, Peter Stumpp est exécuté près de Cologne en 1589. Puis, dès 1598, certains juges y voient de la folie : Jacques Roulet est envoyé à l’hôpital, Jean Grenier dans un couvent. Le dernier grand procès a lieu en Livonie, en 1692.
☰Sommaire de l’article10 sections, environ 14 minutes de lecture▼
- 01Qu’est-ce qu’un loup-garou ? Définition et origine du mot
- 02Les loups-garous ont-ils vraiment existé ?
- 03Pourquoi l’Europe a-t-elle eu si peur des loups-garous ?
- 04La Franche-Comté, terre des loups-garous : de Poligny à Dole
- 05Peter Stumpp, le loup-garou de Bedburg (1589)
- 06Jacques Roulet et Jean Grenier : quand les juges parlent de folie
- 07Thiess de Livonie, le loup-garou qui se disait « chien de Dieu » (1692)
- 08Pleine lune et balle d’argent : ce que les procès ne disent jamais
- 09En résumé : les procès de loups-garous en quelques lignes
- 10FAQ : vos questions sur les loups-garous
Qu’est-ce qu’un loup-garou ? Définition et origine du mot
Un loup-garou est un être humain qui se transformerait en loup, le plus souvent la nuit, pour attaquer les hommes et les troupeaux. On parle aussi de lycanthrope, et la croyance elle-même porte un nom savant : la lycanthropie.
Pourtant, derrière la légende se cache une histoire bien réelle. En effet, pendant plus de trois siècles, des tribunaux européens ont jugé des hommes et des femmes accusés d’être des loups-garous. Et beaucoup l’ont payé de leur vie.
Pourquoi dit-on « loup-garou » ?
Le mot cache un drôle de pléonasme. « Garou » vient du francique wariwulf, qui signifie déjà « homme-loup ». Un loup-garou est donc, mot à mot, un « loup homme-loup ».
Quant au mot lycanthropie, il vient du grec lukos, le loup, et anthrôpos, l’homme.
Le bisclavret, le loup-garou breton
Mes grands-parents maternels étaient bretons, de Saint-Brieuc. Par ma famille, je connais donc bien le bisclavret, le nom breton du loup-garou, au même titre que l’Ankou, le messager de la mort.
Au XIIe siècle, la poétesse Marie de France lui a même consacré un lai entier : un chevalier y devient loup, et sa femme le trahit en lui faisant voler ses vêtements.
Fait étonnant, ce loup-garou-là est le héros du récit, et non le monstre. Dans la littérature médiévale, la créature attire souvent la pitié. Ce n’est que plus tard qu’elle deviendra, dans les esprits, un tueur d’enfants.
Loup-garou ou lycanthrope : quelle différence ?
Dans le langage courant, les deux mots veulent dire la même chose. Cependant, les médecins parlent aussi de lycanthropie clinique : un trouble rare, où une personne est convaincue d’être devenue un loup. Nous y reviendrons, car c’est une clé de cette histoire.
Les loups-garous ont-ils vraiment existé ?
Non, aucun homme ne s’est jamais changé en loup. Pourtant, la question n’est pas si simple. En effet, les accusés, eux, ont bel et bien existé. Leurs noms figurent dans les archives, avec la date de leur procès et, souvent, celle de leur exécution.
L’historien allemand Elmar Lorey a recensé environ 280 affaires de loups-garous en Europe, de 1407 à 1725. Le pic se situe entre 1575 et 1657. Les premiers procès éclatent en Suisse, dans le Valais, au XVe siècle, puis la peur gagne la France, l’Allemagne et les pays baltes.
Un mythe vieux comme l’Antiquité
Le loup-garou n’est pas né au Moyen Âge. Dans les Métamorphoses, le poète latin Ovide raconte déjà comment Zeus change le roi Lycaon en loup, pour le punir d’avoir servi de la chair humaine aux dieux. Au Ier siècle, Pétrone met en scène un soldat qui se transforme en loup près d’un cimetière.
Pline l’Ancien, lui, s’en moque : pour lui, ces histoires sont des fables. Mais au XVIe siècle, la peur l’emporte sur le bon sens.
Les grands procès de loups-garous en Europe
Le mythe des 30 000 loups-garous
On lit souvent que la France aurait exécuté 30 000 loups-garous entre 1520 et 1630. C’est faux. L’historien néerlandais Willem de Blécourt, cité par History, a retrouvé l’origine de ce chiffre : le juge Pierre de Lancre, qui parlait en réalité de toute la population du Pays basque.
Selon lui, les loups-garous jugés en Europe n’ont sans doute pas dépassé quelques centaines. C’est moins spectaculaire, mais chacun de ces procès reste une tragédie humaine.
Pourquoi l’Europe a-t-elle eu si peur des loups-garous ?
Pour comprendre ces procès, il faut d’abord se souvenir d’une réalité oubliée : le loup tuait vraiment. L’historien Jean-Marc Moriceau a recensé en France environ 3 000 victimes de loups prédateurs, surtout des enfants, et près de 2 000 victimes de loups enragés, de la fin du XVIe au début du XXe siècle.
Ensuite, les campagnes vivent avec la faim, la guerre et les épidémies. Ainsi, quand un enfant disparaît dans les bois, le village cherche un coupable. Et le loup-garou offre un coupable humain, que l’on peut arrêter, juger et brûler.
Le diable, grand responsable selon les démonologues
À la même époque, l’Église et les juges sont obsédés par le diable et par la possession. Vers 1486, le Malleus Maleficarum, le « Marteau des sorcières », explique que le démon peut créer l’illusion d’une transformation en loup.
Puis, en 1580, le juriste Jean Bodin va plus loin dans sa Démonomanie des sorciers : pour lui, la métamorphose est bien réelle, et il cite justement le cas de Gilles Garnier.
Des procès de sorcellerie comme les autres
Le loup-garou devient ainsi un sorcier parmi d’autres. On l’accuse d’avoir fait un pacte avec Satan, d’avoir reçu un onguent ou une peau de loup, et d’avoir dévoré des enfants. Comme dans les autres procès de sorcellerie, les aveux sont obtenus sous la torture.
J’ai retrouvé cette mécanique en travaillant sur les sorcières de Salem : la peur collective fabrique d’abord ses monstres, puis ses bûchers.
Cette peur du loup tueur atteint son sommet au XVIIIe siècle, avec la Bête du Gévaudan. Attention, ce n’est pas une histoire de loup-garou : à ce jour, personne ne sait vraiment quelle bête a frappé. Mais l’affaire montre à quel point le loup terrifiait encore les campagnes françaises, et nous lui avons consacré une émission.
Semaine spéciale HalloweenKurious Anima 2.0
La Bête du Gévaudan : morte à Versailles… puis revenue ?
Notre enquête vidéo avec Didier Santiago
Une bête, les chasseurs du roi, et des attaques qui ne cessent pas.
Avec Didier Santiago, nous avons consacré à la Bête du Gévaudan le quatrième épisode de notre semaine spéciale Halloween. Les premières attaques, les chasseurs envoyés par le roi, l’animal présenté à Versailles et toutes les hypothèses, du grand loup au monstre fabriqué par la peur.
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La Franche-Comté, terre des loups-garous : de Poligny à Dole
Si une région d’Europe mérite le nom de terre des loups-garous, c’est bien la Franche-Comté. Alors possession des Habsbourg, elle connaît plusieurs des procès les plus célèbres du XVIe siècle.
D’ailleurs, les gravures de l’époque, comme celle de Lucas Cranach, montrent toutes la même scène : un homme-loup qui s’en prend aux enfants, devant une ferme. C’est exactement la peur que les juges comtois vont traquer.
1521 : les loups-garous de Poligny
En décembre 1521, l’inquisiteur Jean Boin juge à Poligny deux bergers, Pierre Burgot et Michel Verdun. Burgot raconte qu’un cavalier vêtu de noir lui a promis de protéger son troupeau, s’il renonçait à Dieu. Puis il aurait reçu un onguent qui le changeait en loup.
Les deux hommes avouent des meurtres d’enfants. Avec un troisième accusé, ils finissent sur le bûcher.
Fiche du procès · Poligny, 1521
- Accusés
- Pierre Burgot et Michel Verdun, bergers
- Juge
- L’inquisiteur Jean Boin
- Accusation
- Pacte avec le diable, onguent, meurtres d’enfants
- Verdict
- Le bûcher, avec un troisième accusé
Gilles Garnier, le loup-garou de Dole
Cinquante ans plus tard, la peur revient. À l’automne 1573, des enfants sont tués près de Dole. Le parlement de Dole autorise alors les habitants à chasser le loup-garou, armes à la main. On arrête bientôt Gilles Garnier, un pauvre ermite qui vit dans les bois avec sa femme.
Sous la torture, il avoue avoir tué quatre enfants, après qu’un spectre lui a donné un onguent pour devenir loup. Plus de cinquante témoins défilent. Finalement, le 18 janvier 1574, Gilles Garnier est brûlé vif à Dole.
Fiche du procès · Dole, 1573 à 1574
- Accusé
- Gilles Garnier, ermite
- Tribunal
- Le parlement de Dole
- Accusation
- Lycanthropie et sorcellerie, meurtre de quatre enfants
- Témoins
- Plus de cinquante
- Verdict
- Brûlé vif le 18 janvier 1574
1598 : la famille Gandillon et le juge Boguet
Vingt-cinq ans plus tard, à Saint-Claude, dans le Jura, c’est une famille entière qui est accusée. Pernette Gandillon, prise pour une louve, est mise en pièces par la foule. Son frère Pierre, son neveu Georges et sa sœur Antoinette sont ensuite pendus puis brûlés.
Le juge Henri Boguet raconte ces affaires dans son Discours exécrable des sorciers, publié en 1602 et réédité douze fois en vingt ans. Autrement dit, c’était un véritable succès de librairie.
Peter Stumpp, le loup-garou de Bedburg (1589)
Le procès le plus terrible se déroule en Allemagne. Peter Stumpp est un riche fermier de Bedburg, près de Cologne. Veuf, il vit avec sa fille Beele et une compagne, Katharina.
En 1589, il est arrêté puis étiré sur le chevalet. Il avoue alors pratiquer la magie noire depuis l’âge de douze ans, et avoir tué de nombreuses personnes, dont des enfants et deux femmes enceintes.
La ceinture du diable
Selon ses aveux, le diable lui aurait donné une ceinture magique. Il lui suffisait de la nouer pour devenir un loup énorme, aux yeux de braise.
Pourtant, on fouille la vallée où il dit l’avoir cachée, et on ne la retrouve jamais.
Une exécution d’une violence inouïe
Le 31 octobre 1589, Peter Stumpp est exécuté. Il est attaché à une roue, tenaillé au fer rouge, roué, puis décapité.
Son corps est brûlé avec ceux de sa fille et de sa compagne. Enfin, sa tête est plantée au sommet d’un poteau, surmonté d’une figure de loup, pour servir d’avertissement.
Fiche du procès · Bedburg, 1589
- Accusé
- Peter Stumpp, riche fermier
- Co-accusées
- Sa fille Beele et sa compagne Katharina
- Accusation
- Lycanthropie, magie noire, meurtres
- Preuve
- Ses aveux sous la torture, la ceinture jamais retrouvée
- Verdict
- Exécuté le 31 octobre 1589
Un coupable idéal ?
Aujourd’hui, plusieurs historiens doutent. En effet, tout repose sur des aveux arrachés sous la torture et sur un pamphlet anglais de 1590, traduit d’un original allemand perdu.
De plus, Stumpp était sans doute protestant, dans une région qui sortait d’une guerre entre catholiques et protestants.
Pour moi, son histoire montre surtout jusqu’où peut aller une justice qui a déjà choisi son coupable.
Jacques Roulet et Jean Grenier : quand les juges parlent de folie
À la fin du XVIe siècle, pourtant, quelque chose change. Certains juges commencent à voir de la folie là où leurs prédécesseurs voyaient le diable. Deux affaires françaises illustrent parfaitement ce tournant.
D’ailleurs, c’est aussi le doute qui finira par arrêter les procès de Salem, un siècle plus tard, comme je le raconte dans mon article sur l’histoire vraie des sorcières de Salem.
1598 : Jacques Roulet, « j’étais un loup »
En 1598, près d’Angers, on découvre le corps mutilé d’un jeune garçon. Non loin de là, on arrête Jacques Roulet, un mendiant d’environ trente-cinq ans, les mains en sang. Devant le juge, il déclare qu’il était un loup.
Le tribunal d’Angers le condamne à mort. Cependant, le parlement de Paris annule la peine : il juge Roulet plus fou que méchant, et l’envoie deux ans à l’hôpital de Saint-Germain-des-Prés.
J’étais un loup.
Jacques Roulet, devant le juge d’Angers, 15981603 : Jean Grenier, l’adolescent qui se croyait loup
Cinq ans plus tard, dans les Landes, une bergère de treize ans, Marguerite Poirier, raconte qu’un loup l’a attaquée. Les soupçons tombent sur Jean Grenier, un garçon du même âge, qui se vante d’être un loup-garou. Il affirme qu’un mystérieux « Monsieur de la Forest » lui a donné une peau de loup et un onguent.
En 1603, le parlement de Bordeaux prend une décision étonnante pour l’époque. Il tient compte de son jeune âge et de son esprit dérangé, et l’enferme à vie dans un couvent de Bordeaux, plutôt que de l’envoyer au bûcher.
Fiche du procès · Bordeaux, 1603
- Accusé
- Jean Grenier, environ treize ans
- Tribunal
- Le parlement de Bordeaux
- Accusation
- Attaques et meurtres d’enfants sous forme de loup
- Verdict
- Enfermement à vie dans un couvent de Bordeaux
- Motif
- Son jeune âge et son esprit dérangé
Ce que la médecine appelle la lycanthropie clinique
Sept ans plus tard, le juge Pierre de Lancre lui rend visite. Il découvre un jeune homme maigre, aux yeux enfoncés, toujours persuadé d’être un loup. Jean Grenier meurt peu après, vers l’âge de vingt ans.
Aujourd’hui, on parlerait sans doute de lycanthropie clinique. En 2014, le psychiatre néerlandais Jan Dirk Blom a recensé treize cas décrits dans la littérature médicale depuis 1850.
C’est rare, mais c’est réel. Et pour moi, cela change tout : beaucoup de ces « loups-garous » étaient des malades, pas des monstres.
Thiess de Livonie, le loup-garou qui se disait « chien de Dieu » (1692)
Le dernier grand procès de loup-garou est aussi le plus étrange. Il se déroule en 1692 à Jürgensburg, en Livonie, une région de l’actuelle Lettonie, alors sous domination suédoise. L’accusé, Thiess, a plus de quatre-vingts ans.
Contre toute attente, il ne nie rien. Au contraire, il revendique fièrement d’être un loup-garou.
Les loups-garous contre les sorciers
Selon Thiess, les loups-garous sont les « chiens de Dieu ». Trois nuits par an, à la Sainte-Lucie, à la Pentecôte et à la Saint-Jean, ils descendent en enfer pour combattre les sorciers. Leur mission ? Reprendre le grain et le bétail volés par le diable, pour que les récoltes soient bonnes.
Déjà en 1555, l’écrivain suédois Olaus Magnus décrivait les loups-garous de Livonie, qui se rassemblaient en bandes la nuit de Noël.
Les loups-garous sont les chiens de Dieu.
Thiess, devant le tribunal de Jürgensburg, 1692Un verdict étonnamment clément
Les juges tentent de lui faire avouer un pacte avec le diable. En vain. Finalement, Thiess est condamné pour hérésie : il est fouetté et banni à vie. Plus tard, l’historien italien Carlo Ginzburg a rapproché son récit de celui des benandanti du Frioul, ces paysans qui disaient combattre les sorciers en esprit.
Je trouve ce témoignage bouleversant. Il montre qu’avant d’être un monstre, le loup-garou a parfois été, dans le cœur des paysans, un protecteur. C’est d’ailleurs ainsi que beaucoup voient encore le loup aujourd’hui : comme un animal totem de protection et d’instinct.
Pleine lune et balle d’argent : ce que les procès ne disent jamais
Dans les films, le loup-garou se transforme à la pleine lune et meurt d’une balle d’argent. Pourtant, dans les procès, il n’est presque jamais question de lune. Les accusés parlent d’un onguent, d’une peau de loup, d’une ceinture ou d’un pacte avec le diable.
Autrement dit, le loup-garou des procès n’a presque rien à voir avec celui des écrans. Et c’est justement ce qui rend son histoire si troublante.
Ce que j’en écrivais dans Vous et votre avenir
J’ai abordé ce lien entre la lune et le loup-garou dans ma chronique « La lune, un astre mystérieux », publiée dans le magazine Vous et votre avenir. J’y rappelais que, lors de mes émissions sur le paranormal, je parle souvent de la lycanthropie, la « malédiction du loup-garou ».
Mon avis n’a pas changé : la lune agit sur nos émotions et sur nos nuits, mais elle ne transforme personne en bête. Si vous voulez suivre ses phases, le calendrier des pleines lunes 2026 vous donne toutes les dates.
Certes, quelques auteurs médiévaux, comme Gervais de Tilbury au XIIIe siècle, évoquent déjà des hommes qui changent de forme avec la lune. Mais c’est surtout le cinéma du XXe siècle qui a fait de la pleine lune une règle absolue.
Et la balle d’argent ?
La balle d’argent est, elle aussi, une invention tardive. Elle n’apparaît dans aucun des procès que je viens de vous raconter. Ce sont surtout les récits populaires du XIXe siècle, puis le cinéma, qui en ont fait l’arme fatale du loup-garou.
Le loup-garou, star d’Halloween
Quelle revanche ! La créature qui menait jadis au bûcher est devenue l’un des déguisements préférés d’Halloween, aux côtés des sorcières, des vampires et des citrouilles sculptées.
Ces figures ne doivent rien au hasard : chacune porte une histoire et un message. Je les explique en détail dans mon article sur les symboles d’Halloween et leur signification spirituelle.
Chaque 31 octobre, le loup-garou rappelle, sans le savoir, ces siècles de peur et de bûchers. Pour moi, c’est une belle revanche : on s’amuse enfin avec lui, et non plus contre lui.
Un rêve de loup, une présence la nuit, une peur qui revient ?
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En résumé : les procès de loups-garous en quelques lignes
En résumé : Le loup-garou est une légende, mais les procès de loups-garous sont une réalité historique. Du XVe au XVIIIe siècle, environ 280 affaires sont recensées en Europe. La peur des vrais loups, la faim et l’obsession du diable ont conduit des juges à torturer et à brûler des accusés, comme Gilles Garnier à Dole en 1574 ou Peter Stumpp près de Cologne en 1589.
À partir de 1598, certains tribunaux voient dans ces « loups-garous » des malades plutôt que des sorciers. Aujourd’hui, la psychiatrie parle de lycanthropie clinique, un trouble rare. Quant à la pleine lune et à la balle d’argent, elles doivent surtout au cinéma du XXe siècle.
FAQ : vos questions sur les loups-garous
Non, aucun être humain ne s’est jamais transformé en loup. En revanche, les accusés ont bien existé : du XVe au XVIIIe siècle, environ 280 affaires de loups-garous sont recensées en Europe, avec des procès, des tortures et des exécutions documentés dans les archives.
Les loups-garous n’existent pas, mais la France a connu plusieurs dizaines de procès de lycanthropie, surtout à la fin du XVIe siècle. Les plus célèbres ont eu lieu en Franche-Comté, à Poligny en 1521, à Dole en 1573 et 1574, et à Saint-Claude en 1598.
Un loup-garou est, selon la légende, un être humain capable de se transformer en loup, souvent la nuit, pour attaquer les hommes et les troupeaux. On l’appelle aussi lycanthrope.
La lycanthropie désigne la transformation supposée d’un homme en loup. Le mot vient du grec lukos, le loup, et anthrôpos, l’homme. En psychiatrie, la lycanthropie clinique est un trouble rare où une personne est convaincue d’être devenue un loup.
Le mot « garou » vient du francique wariwulf, qui signifie déjà « homme-loup ». Loup-garou est donc un pléonasme : mot à mot, un « loup homme-loup ». En Bretagne, on l’appelle le bisclavret.
Dans la mythologie, le premier loup-garou est Lycaon, roi d’Arcadie changé en loup par Zeus, selon les Métamorphoses d’Ovide. Dans l’histoire, les premiers procès de loups-garous apparaissent en Suisse, dans le Valais, au XVe siècle.
L’historien Elmar Lorey recense environ 280 affaires de loups-garous en Europe, de 1407 à 1725, avec un pic entre 1575 et 1657. Le chiffre de 30 000 loups-garous exécutés en France, souvent cité, est un mythe.
Gilles Garnier, surnommé le loup-garou de Dole, était un ermite pauvre de Franche-Comté. Accusé d’avoir tué et dévoré quatre enfants sous forme de loup, il a avoué sous la torture et a été brûlé vif à Dole le 18 janvier 1574.
Peter Stumpp était un riche fermier de Bedburg, près de Cologne. Accusé d’être un loup-garou grâce à une ceinture donnée par le diable, il a avoué de nombreux meurtres sous la torture et a été exécuté le 31 octobre 1589, avec sa fille et sa compagne.
Dans les procès anciens, il n’est presque jamais question de lune : les accusés parlent d’onguent, de peau de loup, de ceinture ou de pacte avec le diable. La transformation à la pleine lune s’est surtout imposée avec le cinéma du XXe siècle.
Selon les récits des procès, on devenait loup-garou grâce à un onguent, une peau de loup ou une ceinture magique, le plus souvent après un pacte avec le diable. Dans d’autres traditions, il s’agit d’une malédiction ou d’un don héréditaire.
L’un des derniers grands procès a lieu en 1692 à Jürgensburg, en Livonie. Le vieux Thiess y affirme être un « chien de Dieu » qui combat les sorciers en enfer. Il est fouetté et banni à vie.
Le mythe du loup-garou remonte à l’Antiquité : Ovide raconte comment Zeus change le roi Lycaon en loup, et Pétrone décrit un soldat qui se transforme près d’un cimetière. Au Moyen Âge, le loup-garou est souvent un héros, comme le bisclavret de Marie de France. Il devient un monstre jugé par les tribunaux à partir du XVe siècle.
Le lycanthrope est le plus souvent appelé loup-garou. On trouve aussi le mot garou, et en Bretagne le bisclavret. Le terme lycanthrope vient du grec lukos, le loup, et anthrôpos, l’homme.
La personne est convaincue d’être devenue un loup ou de se transformer en animal. Elle peut décrire des changements de son corps, hurler ou se déplacer à quatre pattes. Ce trouble rare accompagne le plus souvent une autre maladie psychiatrique et relève d’un médecin.









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