Alors qu’un hiver glacial s’abat sur la petite ville de Salem Village, à 30 km au nord de Boston, des fillettes sont prises de convulsions étranges.

Les sorcières de Salem

Connaissez-vous l’histoire des sorcières de Salem ? Incapables de trouver la source de ce mal, les médecins en concluent qu’il s’agit de l’œuvre de Satan. Afin de lutter contre le mal qui se propage, de nombreuses personnes vont être accusées puis exécutées pour sorcellerie.

Quelle est la véritable histoire des sorcières de Salem ? Qui étaient-elles ? Que s’est-il réellement passé ?

Voici la terrible histoire du procès des sorcières de Salem, source de bon nombre de fictions et de fantasmes.

Les premiers signes de sorcellerie

Depuis 1630, la région de Nouvelle Angleterre (colonie britannique d’Amérique) est en proie à de terribles affrontements entre les colons et les populations amérindiennes. Ces combats empêchent l’établissement d’un réel contrôle de la couronne britannique. Les colons, particulièrement puritains, cherchent à tout prix à mettre en place leur loi. C’est dans ce contexte que commence cette terrible histoire, en hiver 1692.

Pour passer le temps, Élisabeth Parris et Abigaïl Williams, deux petites filles de neuf et onze ans, se livrent pour s’amuser, avec l’aide de la servante de la famille Parris, à des rituels de magie et de voyance. Soudain, les deux fillettes sont prises d’étranges convulsions et d’hallucinations.

Le médecin du village, William Griggs, est appelé en urgence pour se prononcer sur l’origine du mal qui ronge les jeunes filles. Face à la nature inexpliquée du phénomène et à l’inefficacité des prières, le docteur Griggs en déduit que les malades sont “sous le joug de Satan” et qu’elles sont l’objet d’actes de magie noire.

La chasse aux sorcières…

Sarah Osborne accusée lors du procès des sorcières de Salem

Sarah Osborne accusée lors du procès des sorcières de Salem

Dès lors, l’affaire est prise très au sérieux par la communauté, d’autant plus que la petite Élisabeth est la fille du révérend. Commence alors une véritable chasse aux sorcières.

Les fillettes sont interrogées longuement ; elles sont sommées de dénoncer les personnes responsables de ce maléfice. Les jeunes filles finissent par évoquer trois noms :

· Sarah Good, une mendiante ;

· Sarah Osborne, une vieille dame mise au ban de la société en raison de diverses polémiques ;

· Tituba, la servante caribéenne de la famille Parris, avec laquelle les jeunes filles se livraient à leurs rituels de magie.

Tituba reconnaît avoir procédé avec les jeunes filles, “sous l’ordre de Satan”, à des actes de voyance et des rituels de magie noire, “dans le but d’éradiquer les puritains”.

Les sorcières de Salem sont alors jetées en prison

Les habitants espèrent que les sorcières, désormais placées aux fers, ne pourront plus jeter de sortilèges. Mais le mal empire et se propage. D’autres jeunes filles se mettent à avoir des comportements suspects, ou à tenir des propos incohérents dans des langues inconnues. Des cas sont recensés jusque dans les villages situés autour de Ipswich, Andover ou encore Salisbury.

L’instauration d’une véritable terreur : dénonciations et exécutions

Face à cette crise d’une ampleur inquiétante, le Gouverneur de la baie du Massachusetts, William Phips, fraîchement débarqué de Londres, envoie un rapport à la Cour d’Angleterre. Il y fait état de problèmes conséquents d’origine surnaturelle concernant une partie de la population.

Witch Hill ou Le Martyr de Salem (The Salem Martyr ; New York Historical Society), par Thomas Satterwhite Noble.

Arrestation d’une sorcière présumée de Salem Village

Pour essayer de juguler la propagation du mal, et afin de tirer au clair toute cette affaire, le Gouverneur met en place un tribunal spécial. Cependant, Sir Phips n’a pas le temps de s’occuper personnellement de cette affaire. La justice se retrouve alors entre les mains des puritains, aux manettes de l’institution…

Face à la juridiction, les accusations vont bon train. Nombre de personnes de tout âge et de toute condition sont portées en accusation. On pourra notamment voir sur le banc des accusés des profils aussi divers qu’un ancien pasteur, des vagabonds, des notables ainsi qu’une malheureuse fillette de 4 ans.

L’affaire des sorcières de Salem mène à l’arrestation de plus de cent personnes, sommées de s’expliquer devant le tribunal

La salle d'audience, illustration de 1876.

Lors d’une audience, illustration de 1876

Certains avouent par désespoir, simplement pour tenter d’échapper à la condamnation à mort. Parmi tous les accusés, seule une femme est innocentée. On dénombre finalement 20 exécutions, dont 16 femmes. Le nombre de victimes de cette terreur se situerait en réalité entre 30 et 40 si l’on prend en compte les accusés décédés dans leurs cellules avant leur procès…

Face à cette justice inique et expéditive, certains colons décident de prendre la fuite. Confrontée à ces mouvements de panique, la petite bourgade commerçante peine à rester organisée et voit son économie s’effondrer.

La fin du tourment des “sorcières de Salem”…

C’est dans ce contexte délétère que des voix commencent à s’élever dans le but de stopper cette parodie de justice. On retiendra notamment Increase Mather et Thomas Brattle, deux pasteurs puritains effrayés par le funeste sort réservé à tous ces innocents.

En octobre 1692 le Gouverneur Phips, de retour à Salem Village, est horrifié par la cruauté et l’injustice qui se sont répandues durant son absence. Sa propre femme est d’ailleurs elle-même mise en accusation. Il décide de mettre un terme à l’hystérie en amnistiant tous les condamnés et les accusés.

Grâce à son ordonnance, Sir Phips rend la liberté à plus de 150 personnes, et met fin à des mois de terreur.

L’épilogue de la chasse aux sorcières

En 1692, certains juges admettent des erreurs concernant ces procès de sorcellerie, et présentent des excuses publiques. La Cour Suprême blanchit définitivement l’ensemble des accusés et les réhabilite. En 1711 une indemnité est par ailleurs allouée aux familles ayant perdu un proche dans cette sordide affaire.

Les accusés ont certes été blanchis, mais une question reste toujours en suspend : d’où vient le mal à l’origine des phénomènes ? Plusieurs hypothèses sont avancées. Parmi elles figurent :

l’ergot de seigle : un champignon qui se serait développé sur les céréales produites localement, et qui contiendrait des substances dont est issu le LSD ;

la maladie de Huntington : maladie associée à la dégénérescence de neurones d’une partie du cerveau impliqués dans des fonctions motrices, cognitives et comportementales.

une hystérie collective ayant créé des symptômes particulièrement graves chez certaines personnes.

Toute trace de la bourgade de Salem Village a désormais disparu, la ville s’appelant désormais Danvers. Fait notable, une des fillettes avouera par la suite avoir agi par pur amusement, et qu’elle avait beaucoup apprécié ! C’est bien triste, car ce “jeu” aura bouleversé la vie de plus de 200 personnes et coûté la vie à plus de 30 d’entre-elles.

Cimetière des sorcières de Salem

Cimetière des sorcières de Salem

Cette terrible histoire aura en tout cas le mérite de nous inviter à la vigilance contre le fanatisme aveugle de certains.

Cette histoire vous semble appartenir au passé ? Selon moi : non ! Assumer sa médiumnité en 2021 est socialement difficile. Pour accepter ma médiumnité aux yeux de tous et par expérience, le jugement et l’intolérance sont toujours présents. La plupart des médiums sont rejetés par leur entourage, victimes de raillerie et associer au charlatanisme quand ce n’est pas aux forces démoniaques. Peut-être que la différence dérange de part son mystère et son impalpabilité ?

Par Sophie Vitali

médium-parapsychologue-chroniqueuse presse

Ecoutez ou réécoutez l’émission : Qu’est-ce que la médiumnité ? présentée par Sophie Vitali