Et si on parlait de chamanisme ?

Nous parlons dans ce dossier d’un sujet éminemment complexe, voire… brumeux. Pourquoi ? Car chaque chamane, chaque expert et même chacun d’entre nous a sa propre définition du chamanisme. Cette pratique chevauche en effet de nombreux domaines imprécis et difficiles à appréhender tels que la spiritualité, la religion, la magie, l’univers, le monde animal, le monde végétal, le monde des objets, …

Par ailleurs, selon les lieux, les cultures et les époques, chaque chamane ajoute à sa pratique des éléments qui lui sont propres, correspondant à ses influences et ressentis spécifiques.

Voilà pourquoi, à la différence des autres dossiers du blog de Sophie, je préfère me limiter à “parler de” chamanisme, plutôt que d’oser vouloir “expliquer” ce que c’est. Il s’agit donc de mon point de vue d’humble chamane… N’y voyez qu’une proposition, un traitement à la fois partiel et partial !

Ma définition du chamanisme

Le chamanisme est une pratique centrée sur la relation entre le monde visible et le monde invisible (jusque-là, tout le monde devrait être d’accord). Elle est assez proche de la médiumnité, tout en étant distincte.

Chamanisme vs médiumnité

La médiumnité permet une communication entre les esprits des morts et les humains. Cependant, elle reste relativement limitée. En effet, lors des consultations traditionnelles elle est essentiellement de l’ordre de la transmission de messages, et finalement peu centrée sur l’action.

Le chamanisme, même s’il peut inclure une forme de communication, est davantage orienté “action”. Cette énergie à l’œuvre se situe à mi-chemin entre une pratique de guérison physique et mentale, de rituel religieux, de magie, de divination, de possession et de médiumnité.

Et si on parlait de chamanisme ? Infinità Corse Voyance

Une connexion avec l’univers

Par ailleurs, le chamanisme ne se limite pas au contact avec les esprits désincarnés de type humain. Il nous relie à l’ensemble de l’univers, sous ses multiples formes : dieu(x), espace, planètes, étoiles (notamment le soleil), animaux, nature (végétaux et minéraux), …

Il accorde également une place toute particulière à ce que l’on pourrait appeler “l’esprit des anciens”, en particulier nos ascendants, et ce depuis des temps immémoriaux.

D’où venons-nous ?

À un instant T, chacun d’entre-nous est le résultat à la fois de ses précédentes vies, ainsi que de ses actions et de ses paroles produites dans cette vie. Ceci constitue notre karma individuel. Mais nous sommes aussi étroitement liés à nos ascendants, par l’intermédiaire des relations karmiques. Celles-ci peuvent être directes (nos parents) ou indirectes (l’arrière belle-soeur d’une aïeule). De plus, nous sommes reliés d’une manière ou d’une autre à tous les éléments de l’univers, dans une relation d’interdépendance. Il suffit par exemple de regarder ce que nous mangeons, ce que nous buvons et ce que nous respirons pour le comprendre.

Au-delà de son aspect pratique, le chamanisme a notamment pour objet de nous rappeler notre interdépendance avec l’univers, qu’il soit visible ou invisible, passé, présent ou à venir.

Les origines du chamanisme : de tous temps, en tous lieux

En tentant de délimiter les contours historiques et géographiques du chamanisme, on se heurte là encore à de nombreuses difficultés.

L’étymologie permet de remonter au mot “sam” ou “saman”, provenant d’Eurasie, en particulier la Sibérie. Il évoque l’idée d’une “agitation en remuant, dansant ou bondissant”. Cette expression est à mettre en relation avec les gestes ou la forme de transe de l’officiant chamane.

Des traces de chamanisme auraient été retrouvées dans tous les endroits de la planète, et remonteraient à une époque aussi lointaine que… les premiers hommes ! Mais il semble que notre culture contemporaine ait préféré l’ancrer principalement dans les régions asiatiques. Depuis les deux derniers millénaires, il est particulièrement cité en Sibérie, en Chine, en Mongolie ou au Tibet.

À quoi sert le chamanisme ?

Une fois de plus, ne m’en voulez pas si je ne vous offre pas d’explications précises. Les pratiques du chamane ont toujours été extrêmement variées. Ils incluent par exemple la guérison d’une maladie ou d’une souffrance mentale, l’art de provoquer la pluie, d’attirer le gibier, d’accompagner les morts ou de communiquer avec les esprits de la nature.

On considère que tous les problèmes des humains peuvent s’expliquer par leur déconnexion avec le monde invisible. Les pratiques rituelles du chamane permettent de rétablir l’équilibre entre notre perception partielle de l’univers, et la réalité de l’univers tout entier.

Et si on parlait de la Corse ?

Croyez-moi si vous voulez, mais il existe un lien très fort entre le chamanisme et l’Île de Beauté. Cependant, il est difficile d’expliquer par des mots l’existence d’énergies imperceptibles par les cinq sens.

Quoi qu’il en soit, on évoque dans notre belle région le cas du “mazzeru”. Il s’agit d’un humain aux rares capacités, que l’on nomme également “Chasseur d’âmes”.

Cela vous rappelle quelqu’un ? Comme vous le savez, je suis issue d’une famille de “passeurs d’âmes”. Il s’agit d’une pratique ancestrale transmise de génération en génération, et spécifique à notre région… Elle permet de débloquer les âmes errantes, ces entités qui n’ont pas réussi à atteindre l’au-delà au moment de la mort du corps physique.

Sophie Vitali, chamane expérimentée

Mes ancêtres m’ont donc transmis ce don bien particulier. Ma pratique a été accompagnée de formations qui m’ont permis de développer un savoir-faire dans différents rituels et soins inspirés du chamanisme.

En conclusion…

Le chamanisme est une sorte de passerelle. Elle ne nous relie pas uniquement aux esprits des humains décédés comme c’est le cas pour la médiumnité. Elle nous connecte aux esprits de tout l’univers et de tous les temps.

C’est une pratique en action, car elle agit au plus profond de notre être. Elle nous aide à nous libérer et nous révéler la nature ultime de notre être. Un être en interdépendance avec l’univers, qui n’aspire qu’à une chose : atteindre l’Éveil.

Sophie Vitali